Le Lieu dénudé

de Cyrille Guilbert

Le Lieu dénudé

Cyrille Guilbert est né à Boulogne-sur-Mer en 1973. Il est Professeur de Lettres dans un lycée lillois. Pour le reste, aucune autre passion que pour la chose écrite, du roman à la poésie et j’insiste sur ma conviction que, des deux genres, c’est la poésie qui tire aujourd’hui son épingle du jeu, par la grande liberté qu’elle permet aux créateurs, par l’évident vivier qui grouille, loin des regards du « grand public », certes, mais c’est peut-être une chance… Le monde marchand a phagocyté le roman, pas la poésie. À propos des poèmes de Le Lieu dénudé, Paul Farellier écrit (in revue Les Hommes sans Epaules) : « Ce livre de Cyrille Guilbert est une œuvre forte. Sa lecture est impressionnante surtout en raison de la profondeur de la méditation et de la rudesse de la confrontation à la mort, à l’énigme de notre condition et à l’absence/présence divine. La langue est d’une pureté classique et l’auteur se tient à l’écart de tout « poétisme » de l’expression. Aucune séduction par l’image. Mais, souvent, la parole frappe et atteint. »

Paru le 20 novembre 2019

Éditeur : Librairie Galerie Racine

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.