Le Citron Gare

Dévore l'attente de Laurent Bouisset

1er octobre 2016

Dévore l’attente de Laurent Bouisset

"L’œuf intact
Adolescents
Nous étions jetés par l’été
Comme électrons
Nous étions appelés
A présumer de nos puissances
Et contenant le monde en face
Dans les rets d’un regard moqueur
Nous sentions prêts à
Piétiner la pauvre vie
Comme un seul œuf
Accroupis face à l’œuf intact
A l’âge mûr
Nous rêvons sidérés l’éclat
D’un hiver lent

Seul le bleu reste de Samaël Steiner

1er septembre 2016

Seul le bleu reste de Samaël Steiner

Estampes de Judith Bordas
Faire descendre la lumière
sous la ligne de flottaison des avions
sous les immeubles
sous le canal souterrain
et vivre quelques heures
quelques jours
sans.
Quand, à force de lumière,
les vers et les taupes auront des yeux,
parler avec eux de ce qu’est le feu.
Et continuer à vivre.

Dans la barque amarrée

1er décembre 2014

Dans la barque amarrée

"Houlà !
La littérature commence là
où l’on n’appelle pas un chat un chat
Sortie de route ou de routine
c’est là que ça commence
quand la roue tourne à l’ange
elle traîne des casseroles
irrécupérables des culs irréparables
n’empêche que si tu descends
de ta langue maternelle
tu n’embrasses pas
ton grand-père en descendant
ton petit-fils non plus
tu caresses un rêve
une petite fille rencontrée en chemin
la littérature est pédophile si ça se trouve
un tigre peut aimer un ange
anorexique ou poète (…)

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes