Le Cerisier

Antoine Maine

Le Cerisier

Juste avant de traverser l’hiver
le cerisier nous offre
l’éclat de son feuillage orangé
réserve de lumière
pour la nuit qui viendra

Extrait de l’introduction : "Septembre 2016. Au début, il y a le cerisier. Quand j ’ai acheté la maison, il était déjà là, planté au beau milieu du jardin. Je dois dire que si j ’ai choisi cette maison, après en avoir visité une bonne vingtaine, c ’est en grande partie à cause de lui. Dans les mois qui ont suivi mon installation, nous avons fait connaissance. Un dialogue s ’est installé entre nous et j ’ai commencé à écrire ma partie. Quelques courts poèmes, publiés au fur et à mesure sur Twitter. C ’est là que tout-à-fait par hasard, j ’ai découvert les peintures de Hiroshi Tachibana, peintre japonais vivant à Kobe. J ’ai tout de suite senti la proximité entre ses œuvres et les textes en cours, entre nos deux univers."

Paru le 16 juin 2021

Éditeur : La Chouette Imprévue

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.