Le Bombardement de Berlin

Auteur : Armand Gatti

Le Bombardement de Berlin

Écrit en 1958, Le Bombardement de Berlin parut en 1960 dans Plus, une revue poétique bruxelloise. Ce fut, jusqu’à présent, la seule édition du poème.
Le Bombardement de Berlin se présente comme le plan d’une ville. Ce poème devient la ville bombardée par les mots, par le verbe, donnant existence à un élément complexe de l’univers, protagoniste non idéalisé du poème, le mot FEU. Écrit en majuscules, il se propage sur la feuille blanche, sur toute la ville. Le feu, ses cheminements et ses traces constituent le poème lui-même.

À l’époque de ce poème, Gatti était devenu journaliste. Lauréat du prix Albert Londres pour son « Petit Reportage dans la cage aux fauves », il devint grand reporter à travers le globe, Chine, Sibérie, Algérie, Guatemala, etc., et recherchait une autre
écriture à travers la poésie, le théâtre, le cinéma.

« Peut-être le retrouverez-vous un jour à Pékin sur le Pont du Ciel, là où les conteurs se succèdent pour raconter, croit-on, la même histoire, en vérité la même histoire mais toujours différente car chacun en porte la version vraie dont il est le témoin unique. »

Marc Kravetz, Extrait du site Internet de la Parole Errante.

Paru le 1er février 2010

Éditeur : Aencrages&Co

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.