La ville aux 100 poèmes

Auteur : Alain Serres

La ville aux 100 poèmes

Ouvrage qui évoque la poésie dans la cité, une poésie à la portée du regard des enfants.

Visuellement, c’est une rue qui traverse le livre, une rue débordante de vie. Elle est jalonnée de poèmes courts, simples et touchants sur le charcutier, la flaque d’eau, le banc, la marchande de sandwichs ou le bulldozer du chantier du square. Ils fleurissent aux différents numéros de la rue… Plusieurs de ces textes proviennent d’un recueil paru à la Farandole en 1995 (Rue de la Poésie).

Ces poèmes vifs et très proches de l’enfance nous racontent que la poésie n’est pas seulement bucolique et campagnarde : la ville aussi regorge d’instants poétiques simples comme un moineau qui marche sur une flaque d’eau. Sans exclure des instants de gravité devant un homme sans logis ou la grille fermée du Palais de justice.
Cet album, tout en longueur comme une rue qui serpente dans la cité, nous apprend à mieux voir ces instants et les illustrations d’Edmée Cannard à les dépasser pour poétiser la cité.

Paru le 1er mars 2006

Éditeur : Rue du Monde

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.