La vallée des Ammeln de Philippe Fumery

La vallée des Ammeln de Philippe Fumery

assise seule
au détour de la route
la vallée immense devant elle
vallée des ammeln
drapée de noir
sous un chapeau de paille
elle suit l’ombre
par vagues
dans les fonds
contre les versants opposés
sa charge déposée
contre son flanc droit
Un premier séjour dans le sud marocain avait abouti au recueil « Berbère », qui donnait leur place à la fois à ces habitants discrets de l’Atlas, leurs intérieurs modestes, et aux paysages immenses qui les abritent et les soustraient au regard.
Philippe Fumery est né en 1955. Il réside près de Dunkerque. Il a travaillé dans les vergers, en Dordogne, puis dans le secteur de l’insertion et la formation professionnelle, intervenant d’abord en accompagnement de publics en difficulté, puis en conseil auprès d’associations. Poète, il est également l’auteur du roman Les Voies Navigables, paru aux Impressions Nouvelles en 2003.

Paru le 1er septembre 2016

Éditeur : L’arbre à paroles Maison de la Poésie d’Amay

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.