La sixième extinction est en marche

de Jean-Pierre Gandebeuf

La sixième extinction est en marche

Qu’on se rassure : les dates prévues pour la sixième extinction seront mentionnées sur Wikipédia. Sur le sujet, nul ne peut faire de pronostic fiable, même mesuré à l’aune de la lanterne magique, des lignes de la main et des promesses d’éternité. Reste à contempler en gentleman la couleur grenat des Alpilles aux aurores, le pot-pourri des constellations à minuit heure du crime, la grâce du mirabellier, le vent mauvais, les naines blanches et l’infini qui va son train mais ne perd rien pour attendre…
La cinquième extinction – 66 millions d’années – vit la mort sans frais des dinosaures, les plus proches cousins du pouillot véloce.
La sixième extinction (selon Nostradamus) devrait apparaître en d’obscures circonstances, en conformité avec les règlements intérieurs du cosmos.

Paru le 23 septembre 2021

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.