"La mort, etc." suivi de "Deuil et irréel, modalités." de Tita Reut

"La mort, etc." suivi de "Deuil et irréel, modalités." de Tita Reut

Et si la langue occupait en nous la place où, autrefois, on imaginait l’âme ou l’ange (gardien)… Il y aurait alors un usage courant sous la forme du langage et puis, soudain, à la suite d’un regard, d’une perception, d’une rencontre, l’éveil de cette langue manifesté par une précipitation verbale prenant la forme du poème.
C’est ainsi par précipitations successives que se construisent, me semble-t-il, les livres de Tita, et l’on y sent toujours la vivacité du surgissement. L’élan prime et, au gré du souffle, dépose tels quels les mots précipités dans l’instant dont ils sont l’empreinte. Rien que du vif et son immédiateté.
Bernard Noël (quatrième de couverture)

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.