La lettre volée

Les éditions de La Lettre volée, sises à Bruxelles, fondées à l’automne 1989 par Daniel Vander Gucht, Pierre-Yves Soucy et Louis Jacob dans le cadre de l’a.s.b.l. Ante Post, poursuivent une politique éditoriale qui tient en trois points :

1° La volonté de proposer, à travers diverses collections, une réflexion destinée à un public élargi sur les enjeux éthiques et esthétiques de la société, de la culture et de l’art contemporains. Le dialogue entre sciences humaines et esthétique y est entretenu dans la perspective d’une saisie globale des phénomènes sociaux et artistiques.
2° L’option internationale qui préside au choix des œuvres de réflexion et de création publiées, et qui répond au procès même de la pensée et procède du refus d’enfermer les auteurs dans des ghettos, intellectuels ou culturels.
3° Le souci du beau livre qui conjugue le plaisir de la main, de l’œil et de l’esprit, en présentant au lecteur des textes de qualité dans une présentation soignée et élégante, tant du point de vue de la typographie que du choix des papiers et du graphisme. Plusieurs de nos titres comportent un tirage de tête.

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20, bd Barthélémy B

1000

Bruxelles

Mocha

1er novembre 2018

Mocha

Cette suite poétique signale une transformation importante de l’écriture de Franck Doyen. Si ses livres précédents témoignaient d’une confrontation avec les mots et groupes de mots, de la tension à la naissance de leur affrontements, ce dernier livre s’inscrit certes dans la continuité des collines, ratures, publié en 2016 dans cette même collection « Poiesis », dont la particularité était, notamment, un affrontement avec la page, plus précisément, avec la disposition sur la page des vers, des fragments. (…)

Domaine des englués

1er janvier 2017

Domaine des englués

Cela ressemble à la lettre-journal d’un être enfermé et libre, parcourant des espaces divers à la fois réels et imaginés, un temps qui s’écoule fatalement rythmé comme nos vies. Qu’est-ce que vivre, qu’est-ce que vieillir ? Dans cette voix narrative d’un masculin usé s’immisce par trois fois la voix du poème, trois « chants ». Comme dans toute l’œuvre d’Hélène Sanguinetti, il s’agit toujours d’affirmer qu’au milieu du désastre – et le désastre désigne autant notre difficulté à nous tenir parmi les autres qu’à (…)

Collines, ratures

1er juin 2016

Collines, ratures

Collines, ratures est un récit poétique fragmentaire qui prolonge l’échappée entamée avec Champs de lutte par la recherche d’une confrontation avec le mot-même et le groupe de mots. La tension ainsi provoquée, l’affrontement avec la page et la virgule, induisent un amaigrissement de l’écriture, convoquent les différentes couches du langage, et construisent un récit : un personnage (le vous auquel le texte s’adresse) est enfermé dans un wagon – un train l’emmenant vers une mort certaine. L’avancée (…)

Comment je ne suis pas devenu poète

1er novembre 2014

Comment je ne suis pas devenu poète

Qu’écrit-on quand on ne sait pas écrire ?
On écrit la nuit sur le soleil
On écrit la soif des doigts
On écrit par les terriers de sang
on écrit le silence.

Pour lire Wallace Stevens par Léopold Peeters

1er novembre 2014

Pour lire Wallace Stevens par Léopold Peeters

Dans ce livre l’auteur rend compte d’une lecture sauvage de la poésie de Wallace stevens. Ce type de lecture ne part pas d’une théorie mais se laisse tout simplement aller au plaisir de lire, plaisir que Stevens lui-même s’attendait à donner à ses lecteurs et qu’il tenait pour une qualité indispensable de toute poésie. Cette lecture ne se laisse guider que par ce que Stevens lui-même a communiqué dans sa correspondance et dans quelques essais sur sa propre conception de la poésie et sur le rôle que (…)

A l'explosif de Victor Martinez

1er novembre 2014

A l’explosif de Victor Martinez

Détonateur qui découvre : c’est
le manteau intime, la couverture du nu.
fruit expulse serein, détruit la place. bois de sol que détonateur
couvre paît l’intime, écluse par les bois : planche fossile conquiert son eau, conduit la paix, l’oxygène.
Victor Martinez, né en 1970 dans le sud de la France, est poète, traducteur (Antonio Machado, Francisco de Quevedo, Juan Ramon Jiménez ou Léopoldo Maria Panero), essayiste et docteur en langue, littérature et civilisation françaises de (…)

L'étrangère n°33-34 - Poésie d'Afrique francophone

1er mai 2014

L’étrangère n°33-34 - Poésie d’Afrique francophone

Tout reste à dire de l’étrangeté du réel, d’autant que la parole qui exprime ce qui n’a pas encore été exprimé demeure étrangère à elle-même.
Poésie d’Afrique francophone
Tanela Boni, léopold Congo-Mbemba, Jean-Jacques Dabla, Paul Dakeyo, Fernando d’Almeïda, Paulin Joachim, Sylvie Kandé, Amadou Lamine Sall, Koulsy Lamko, Patrice Nganang, Nimrod, Raharimanana, Véronique Tadjo, Kouam Tawa, Ali Abdoul War, Hervé (…)

Le jardin, le séisme dans les pas de François Muir de Stéphane Lambert

1er septembre 2013

Le jardin, le séisme dans les pas de François Muir de Stéphane Lambert

François Muir (1955-1997), poète et prosateur, meurt jeune et laisse une œuvre considérable qui aura tardé à être découverte, y compris par ses contemporains. Pourtant une partie significative de cette œuvre fut publiée au fil des années. Stéphane Lambert revient à la fois sur l’auteur et sur ses textes. Mais d’une manière fort singulière car son texte est une approche poétique de la trajectoire du poète. À partir d’éléments glanés dans ses nombreuses archives et parmi les témoignages de proches, l’auteur (…)

Caillot de Stéphanie Ferrat

1er juin 2013

Caillot de Stéphanie Ferrat

Par son titre, Caillot, Stéphanie Ferrat annonce toute la matière de ce nouveau recueil. Matière du sujet d’abord – il est question de « cicatrice », de « gorge impossible » – puis matière de la forme, car c’est une langue sèche, dense, ramassée, à laquelle nous avons affaire ici. Le corps, par morceaux – ventre, peau, cou, mains… – revient régulièrement ; et dès lors qu’il est questionné, il questionne. Comme par flux, la langue toute dans la retenue, laisse parfois surgir l’à-vif, tente de désigner ce qui se (…)

Les plages de Thulé de Jean Laude

1er octobre 2012

Les plages de Thulé de Jean Laude

Je regarde où j’écris, seulement où j’écris.
Je suis ici, et seulement ici, seulement où j’écris
dans l’espace
blanc d’une feuille creusant le lit de tout ce que
j’ignore et me portant à la rencontre de l’inconnu masqué."

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.