La fuite vers Samarkand

Auteur : Abdellatif Laâbi

La fuite vers Samarkand

Dans ce récit aux accents autobiographiques, Abdellatif Laâbi fait le tour de l’humanité qui est en lui. Son ambition : ne rien occulter, ne rien épargner,

à commencer par lui-même.

La Fuite vers Samarkand est une traversée jouissive, voire débridée de l’époque qu’il lui a été donné de vivre, y compris le dernier épisode : le drame pandémique que le monde a dû affronter. La question de la finitude y est subtilement abordée par le truchement du conte célèbre du soufi persan du XIIe siècle, Fariduddine Attar. Et ce n’est pas la moindre originalité de Laâbi que de traiter cette question avec l’humour sans tabou qui est le sien, aggravé par ce qu’il appelle en conclusion du livre « l’insolence de la vieillesse ».

Abdellatif Laâbi est né à Fès (Maroc), en 1942. Depuis 1985, il vit en banlieue parisienne. S’inscrivant dans la littОrature-monde et touchant à tous les genres, son oeuvre est traduite dans un nombre grandissant de langues. il a reçu de nombreuses distinctions dont le prix Roger Kowalski / Ville de Lyon, le Goncourt de la poésie et le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française.

Paru le 4 novembre 2021

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.