La beauté comme une trêve de Laurence Verrey

La beauté comme une trêve de Laurence Verrey

Chacune des six proses de ce recueil explore un univers différent, mais chacune à sa manière interroge l’acte d’écrire et le langage. Au travers des paysages intérieurs, des lettres de l’alphabet, du monde nocturne des rêves et des révélations, des manifestations du blanc, s’ouvre une méditation sur la beauté. Cette force fragile et éphémère est capable de tenir tête au désespoir lié à l’histoire fracassée des hommes. Il y a « danger de vie, Lebensgefahr ». De la beauté « souffle un vent de fronde, de liberté, qui interdit de plier l’échine et de se résigner ». A cette affirmation désillusionnée qui nous parvient, du fond des âges, de Qoéléth, mieux connu sous le nom d’Ecclésiaste : « Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire », Laurence Verrey oppose une parole poétique toujours jeune, qui, tel un pavot rebelle, résiste.

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Aire

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.