La beauté comme une trêve de Laurence Verrey

La beauté comme une trêve de Laurence Verrey

Chacune des six proses de ce recueil explore un univers différent, mais chacune à sa manière interroge l’acte d’écrire et le langage. Au travers des paysages intérieurs, des lettres de l’alphabet, du monde nocturne des rêves et des révélations, des manifestations du blanc, s’ouvre une méditation sur la beauté. Cette force fragile et éphémère est capable de tenir tête au désespoir lié à l’histoire fracassée des hommes. Il y a « danger de vie, Lebensgefahr ». De la beauté « souffle un vent de fronde, de liberté, qui interdit de plier l’échine et de se résigner ». A cette affirmation désillusionnée qui nous parvient, du fond des âges, de Qoéléth, mieux connu sous le nom d’Ecclésiaste : « Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire », Laurence Verrey oppose une parole poétique toujours jeune, qui, tel un pavot rebelle, résiste.

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Aire

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.