La Ville te guette au coin du bois de Françoise Leclerc

La Ville te guette au coin du bois de Françoise Leclerc

Les cent-vingt textes de ce recueil temoignent de la vie banlieusarde, à deux pas de Paris et de l’Afrique de l’époque coloniale. C’est aussi un vécu personnel, intime, qui s’exprime dans cette poétique, et qu’il s’agisse de la biguine antillaise, de la mer atlantique ou des amours de jeunesse, on sait d’emblée que l’auteur est une « aime à vivre ». Il ne s’agit pas d’un « parler de soi » narcissique. De la banlieue champêtre ne reste que des îlots malingres, un vieux coq de banlieue, un mistigri de jardin. Le "tout-toc", le spectacle, la parole vidée de sa substance, remplacent peu à peu le "sois au mmonde" révolutionnaire. On retrouve le même humour dans "Wharf" où trente-six textes témoignent de l’Afrique coloniale.

Née à Bordeaux Françoise Leclerc a passé son enfance en Afrique. Poète, elle a rçu le prix du Ministre d’Etat chargé des affaires culturelles. Elle a notamment publié un roman : Forclos (Flammarion) et des poèmes en revues.

Paru le 1er juin 2004

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.