La France aux quatre vents

Auteur : Francis Combes

La France aux quatre vents

Le vieil épouvantail
J’ai trouvé dans ma grange un vieil épouvantail
(Cela fait bien longtemps que nul ne s’en effraye).
Les oiseaux dans les champs piaillent et font ripaille
Pendant que lui, absent, dort d’un profond sommeil.

Sa tête au côté pend comme un mort qu’on dépend ;
Sa bouche n’est qu’un trait, ses yeux sont délavés ;
Une araignée y loge, gratis, à ses dépens
Et les saisons passant sur lui l’ont fait passer.

Son crâne bourré de son ne perçoit aucun son ;
Il ne sert plus à rien et n’a plus sa raison.
Sûr que je devrais le porter à la Décharge…

Je n’en fais rien pourtant ; et qui le veut s’en charge.
Nous sommes compagnons et frères de gueusaille,
Spectres qu’on a traités parfois d’épouvantails.

Paru le 6 mars 2015

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : un silence à fleur de murmure, une rumeur saturée de silence, un magma de silence irrigué par un souffle ténu, sifflant, vivace.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.