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Paris

Le sens de la visite de Karel Logist

1er janvier 2008

Le sens de la visite de Karel Logist

C’est chaque fois plus dur
plus acéré plus noir
ça court de jour en jour à
rebours de l’espoir
ça vous écrase un homme
ça grince, ça patine
ça racle, ça cramponne
moi je reste à ma place
je tiens bon, je m’agrippe
je m’accroche, je grimace
je plaide, je ploie, je pleure
je tiens le coup, je mords
sur ma chique je m’applique
à voir plus loin plus clair
à la vie à la mort
je pourrais lâcher pied
reprendre le collier
mais je n’ai pas la force
de faire demi-tour
Tu veux qu’on échange, tu veux ? (…)

<i>Les rides du Lion</i>

1er novembre 2007

Les rides du Lion

Partant de son vécu personnel, Abdellatif Laâbi affronte dans Les Rides du lion une fêlure liée à la condition humaine que l’exil peut, selon les circonstances, engendrer en tout un chacun : bannis sans espoir de retour au pays d’origine, déplacés en quête de liberté ou de survie, chercheurs d’altérité et autres rebelles aux consensus. La littérature a depuis toujours remué cette fêlure au point d’en faire l’un des lieux féconds de l’écriture. Mais rarement son effet de cataclysme sur la perception de soi et (…)

<i>Mon cher double</i>

1er octobre 2007

Mon cher double

Mon double
une vieille connaissance
que je fréquente avec modération
C’est un sans-gêne
qui joue de ma timidité
et sait mettre à profit
mes distractions
Il est l’ombre
qui me suit ou me précède
en singeant ma démarche
Il s’immisce jusque dans mes rêves
et parle couramment
la langue de mes démons
Malgré notre grande intimité
il me reste étranger
Je ne le hais ni ne l’aime
car après tout
il est mon double
la preuve par défaut
de mon (…)

<i>Insecte de l'infini</i>

1er octobre 2007

Insecte de l’infini

Ces sables sont seulement pour la lecture.
Mais l’écriture ouvre ta peau pour que
le poison de l’encre rentre dans ton cœur.
Je ne veux pas rester sans tête comme la
pierre. J’en ai assez de l’écriture qui ne
meurt pas avant que le corps du poète
ne soit pourri par l’odeur de l’isolement

Oeuvres complètes V et VI, le Génie du lieu 1 et 2

1er octobre 2007

Oeuvres complètes V et VI, le Génie du lieu 1 et 2

« Avec la série des Génie du lieu, la découverte des sites géographiques et la naissance de nouvelles formes d’écriture vont de pair. Michel Butor fait voler en éclats le cadre du roman et de la phrase, au profit de compositions mixtes qui tiennent à la fois de l’essai, du récit, de la poésie, de l’autobiographie, du journal de voyage.
Il invente le mobile textuel, le récit stéréophionique, le texte boomerang, le quilt littéraire fait d’un tissu de mots disparates, et la lecture en courant d’air pour (…)

<i>Poème à Lazare de José Ángel Valente</i>

1er octobre 2007

Poème à Lazare de José Ángel Valente

Traduits de l’espagnol et présenté par Laurence Viguié avec des encres de Philippe Canal.
« C’est bien sous le signe du devoir moral qui incombe au poète que se placent les Poèmes à Lazare : Je ne dois pas / proclamer ainsi ma douleur, tels sont les premiers vers du “Premier poème”, poème liminaire qui énonce avec force la conception de la poésie qui préside dans ce recueil. Le contenu du devoir auquel est soumis le poète est double : la poésie n’est en aucun cas le lieu d’une confession du moi, les (…)

<i>Une indécente éternité</i>

1er octobre 2007

Une indécente éternité

PEAU D’ÂNE
Peau d’âne, peau d’homme,
et l’indécente éternité qui se moque
de la lumière décrite
au bout du chemin, n’est-elle que chimère
ou ce sablier trompeur où s’égrène le temps ?
Voici que déjà les saisons nous meurtrissent
à vitesse moderne et que l’hiver revient ;
et voici les rides, sillons de nos printemps.
N’est-il pas de secret bourgeon sur l’arbre
vieilli ?
La chute des mots, crépuscule des dieux
le silence, à peine l’obscurité,
la mort est cette pluie qui tombe
simplement
et ne (…)

De plus belle suivi de Entre deux de Vahé Godel

1er octobre 2007

De plus belle suivi de Entre deux de Vahé Godel

Le Bar de la Grande Ourse est ouvert toute la nuit, de vieilles photos d’artistes, en noir et blanc, toutes dédicacées, tapissent les parois bleues, le téléviseur grésille au-dessus du juke-box, le téléphone est hors d’usage, les lavabos sont au sous-sol j’entends d’un œil qui sent, je sens d’une main qui voit, je vois d’une oreille qui chante la mélodie de la Mémoire, le cri noir de l’Absence, le murmure du Sang je loge à l’Hôtel de l’Univers, dans une chambrette sans eau courante, à l’étage des combles, (…)

Rien à perdre de Ben Arès

1er juin 2007

Rien à perdre de Ben Arès

"En attendant Bénarès la quête de
son nom en attendant Bénarès sur
la côte la quête de son ombre voilà
qu’il gardait les braises à nu du
fragile équilibre voilà que l’heure
brûlait et s’imposait de poser les
limites de pied ferme la maîtrise
de la langue où passion n’est plus
la réponse du chant manquant
mais la voie de l’unité du poing
qui sert l’étranger l’étrangère aux
lèvres de lune et d’air aux retours
ô combien discrets et songeurs"
Sous le pseudonyme de Ben Arès – nom évoquant les voyages – se (…)

Intimité du chaos de Michel Mourot

1er juin 2007

Intimité du chaos de Michel Mourot

"… Un profil
ou l’absence,
l’embrasure d’un récit
– le mur attend l’affiche,
les dés, désaccordés –
j’ai descendu la plaine
mimé la part maudite,
l’horloge d’un gang
est-ce le port qui s’éloigne
ou le ciel qui descend ?
(J’ai perdu j’ai retrouvé mes frères – rauques, haïs)"
Né à Sens en 1948, il vit dans la Marne depuis 1953. Il rencontre au lycée Clemenceau de Reims, dès 1958, Jean-Marie Le Sidaner, qui l’initiera à la poésie moderne et avec qui il fondera la revue Équinoxe, en 1964. Après la mort de (…)

Poème
de l’instant

Coplas

Il n’y a de chemins au ciel,
il n’y a de chemins en mer,
il n’y a de chemins sur terre
que pour seulement cheminer.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.