La Chair du monde

Auteur : Jean Paul Guibbert

La Chair du monde

Son premier recueil, Veines, composé en 1962, l’année ses vingt ans, publié deux ans plus tard et repris peu après dans Alyscamps (Mercure de France, 1966), lui vaut d’emblée l’admiration des plus grands : André Pieyre de Mandiargues, Yves Bonnefoy, Gaétan Picon lequel décèle en lui « la voix la plus personnelle et la plus persuasive qui ait surgi depuis des années » (1963).

La présente réédition reprend le corpus de l’Œuvre poétique de Guibbert rassemblé en 1987 sous le titre La Chair du monde soit vingt ans de création poétique (1962-1982), augmenté d’un nouveau recueil, Milieu du temps, réunissant les oeuvres composées entre 1989 et 1996.

Douze recueils au total, qui frappent par leur étrange unité : un regard tout ensemble exalté et douloureux jeté sur les beautés du monde et sur la Femme en particulier ; un goût marqué pour la sauvagerie secrète qui soulève les oeuvres de l’art ; une amoureuse fascination pour les images conjuguées du désir et de la mort cette dernière caressée et révérée comme une amante. Nul doute que pour Guibbert le monde ne soit une geôle, ou un tombeau ; mais son oeuvre ne cesse de s’émerveiller de ce que la seule gardienne en soit, contre toute attente, la Beauté.

Paru le 22 avril 2005

Éditeur : Phébus

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Léopold Sédar Senghor

Femme noire

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie,
de ta forme qui est beauté !
J’ai grandi à ton ombre ;
la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi,
je te découvre, Terre promise,
du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur,
comme l’éclair d’un aigle.

Léopold Sédar Senghor, 1906-2001, « Femme noire », Chants d’ombre, Éditions Points, 2021.