L’herbe qui tremble

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Paris

Un printemps difficile

1er mars 2014

Un printemps difficile

peintures de Marie Alloy
Le vent s’est éloigné
Le vent s’est éloigné. Peut-être est-il
sur la mer à présent.
Et l’arbre
dont la branche s’était perdue
renonce à ses tourments.
Au soir le merle
recommence à chanter et dit que l’univers
n’a forme ni frontières. On dirait que dans l’arbre
jamais la branche n’a manqué.

Sous la robe des saisons

1er novembre 2013

Sous la robe des saisons

Prix littéraire 2013 du Parlement
« On écrit sans songer à personne. On écrit en ignorant pour qui. Ce « pour  » est pourtant bien présent  : à l’instant où les mots s’abandonnent sous la main, dans la bouche, le souffle de la langue frémit dans l’air à la recherche d’une oreille attentive, d’un visage, d’une joue à caresser, d’une solitude à partager.
Paradoxe que Jean Grenier a relevé dans son Nouveau lexique  : «  On n’écrit pas librement tant qu’on pense à ceux qui vous liront, on n’écrit pas bien tant (…)

La langue des signes

1er avril 2013

La langue des signes

J’ai soif, si soif !
Les façades restent dans l’ombre.
A peine
si le ciel s’éclaire.
Un beau matin notre absence
égalera la tienne.
Dans les flaques parfois l’image
se forme : rien
n’apparaît.
On irait ce matin que tout est vrai : avec ça
vivre. Image
de la pluie qui vient du ciel.
Dont ils rêvaient."

Un chaos praticable

1er juin 2011

Un chaos praticable

"Passant sur le Causse donne-toi au chemin qui poursuit sa course entre les pierres. Donne-toi à la terre jusqu’au bout du sentier disparaissant. Jusqu’au bout du soleil pendu au cou des maisons basses qui ont vécu de leurs ruines. Donne-toi à ce qui t’emporte et te fait vivre alors que le pays se détruit en lui-même et retourne au néant. L’éboulis, la ravine, n’ont de salut qu’en ton approche. Qu’en ton (…)

Un automne au creux des bras

1er mars 2009

Un automne au creux des bras

"Quand tout poème semble vain, continuer d’écrire malgré tout. Des poèmes ou des notes, peu importe, mais des fragments de jours arrachés à la prose d’un feu dont nous goûtons la chaleur sans toujours percevoir sa lumière".

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.