L’évangile du gitan de Jean-Marie Kerwich

L'évangile du gitan de Jean-Marie Kerwich

"Qui nous aide à respirer commence par nous couper le souffle : chaque texte du livre de Jean-Marie Kerwich est un paquet d’embruns qui ouvre violemment la fenêtre de l’âme. Cette violence est salutaire — l’ultime ruse de la douceur du ciel pour nous atteindre. C’est toujours malgré eux que les prophètes de la Bible, souvent illettrés, deviennent le bois sec dont s’empare le feu de l’absolu, pour nous éclairer. Pas plus qu’eux Jean-Marie Kerwich n’a choisi de changer en or les mots qu’il touche avec ses doigts noircis de gitan. Jérémie, Isaïe et David sont ses frères d’écriture. Comme eux il cherche à tirer Dieu de son sommeil. Comme eux son âme le loup de son âme hurle à la lune blanche. La technique a ensorcelé nos vies, jusqu’à nous faire oublier qu’elles devaient à leur fragilité leur seule vérité. En nous rendant tout-puissants la technique nous extermine. Nous avons crucifié la nature, nous sommes ahuris d’images. Derrière chaque paravent il y en a un autre, et puis encore un autre, jusqu’à l’infini. Le souffle brûlant de ce livre les renverse tous d’un seul coup. Un va-nu-pieds nous redonne les clés du ciel que l’on pouvait croire à jamais perdues."
Christian Bobin

Jean-Marie Kerwich naît à Paris en 1952 dans une famille de gitans piémontais. En 1963, la famille part au Canada où elle reste 17 ans et fonde un petit cirque ambulant. Contraint de renoncer à la vie nomade, Jean-Marie Kerwich travaille à contrecœur dans les cabarets et écrit des poèmes au ton prophétique dans lesquels il dénonce l’inhumaine vie moderne. Yehudi Menuhin fait l’éloge de ses premiers poèmes et Jean Grosjean compare son recueil L’ange qui boîte aux prières de François d’Assise.

Paru le 1er octobre 2008

Éditeur : Mercure de France

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettre à Louise Colet

Croisset,
Vendredi 16 septembre 1853,
Minuit,

N’importe ! Mourons dans la neige, périssons dans la blanche douleur de notre désir, au murmure des torrents de l’esprit, et la figure tournée vers le soleil !

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, Lettre du vendredi 16 septembre 1853.