L’écureuil

Fernando Arrabal

Bel écureuil couleur d’été
Toi qui n’es que légèreté
Vêtue des rousseurs du soleil ;
Toi qui vois s’enfuir le sommeil

Car tu n’es fait que pour l’envol
Et touches à peine le sol ;
Toi qui dois ton nom à ta queue
Qui dessine son ombre bleue

Pour protéger de son panache
Ton dos éclatant et sans tache ;
Comme il en coûte au rimailleur
Qui cherche pour toi le meilleur

Parmi la crème des louanges
Et te voudrait comme les anges
Bondissant de joie jusqu’au ciel
Toi l’écureuil couleur de miel ;

Comme il lui coûte de trouver
Lorsqu’il se surprend à rêver
De chanter ta grâce enfantine
En une petite comptine

Des mots qui finissent en euil
Sans jamais évoquer le deuil.
Bel écureuil couleur de feuille
D’automne : ô dieux, faites que veuille

L’été un peu se prolonger
Quand ta fourrure fait songer
Aux derniers rayons de septembre
Mon bel écureuil couleur d’ambre !

Ecouter ci-dessous la version enregistrée par les élèves du collège les Ménigouttes, Indre (36)

Poème
de l’instant

Ted Hughes

The guide

When everything that can fall has fallen
Something rises.
And leaving here, and evading there
And that, and this, is my headway.

Ted Hughes, Cave Birds, Traduit de l’anglais par Janine Mitaud
Orphée, Éditions de la Différence, 1991.