« L’autre moitié du songe »

Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Poèmes d’Alicia Gallienne dits par Marina Hands & Guillaume Gallienne de la Comédie-Française, aux côtés de Renaud Capuçon au violon, et de Guillaume Bellom au piano.

Une découverte saisissante, comme il en arrive rarement. Une jeune femme, morte à vingt ans la veille de Noël, il y aura trente ans le 24 décembre 2020, dont les poèmes soudain nous parlent au plus vif, et nous bouleversent par leur sens du tragique et leur rude lumière.

En témoignent ces vers qui ne laissent pas indemne :

Cela ira
Je n’ai pas peur du noir
Et puis il n’y a pas de vautours
Dans les étoiles

Et son cousin Guillaume Gallienne, qui s’est voué au théâtre pour elle, de monter sur scène afin de donner pour la première fois en partage ces textes incandescents, à l’occasion du Printemps des Poètes 2020, ayant Le Courage pour emblème.
À ses côtés, Marina Hands et Renaud Capuçon, accompagné par Guillaume Bellom, afin que les poèmes d’Alicia Gallienne trouvent enfin souffle, voix et résonance.

Alicia Gallienne, L’autre moitié du songe m’appartient, édition de Sophie Nauleau, postface de Guillaume Gallienne, Éditions Gallimard, 2020.

Crédit photographique : © Alvaro Canovas

Informations pratiques
Dimanche 8 mars - 20h30
Athénée Théâtre Louis-Jouvet - 7 Rue Boudreau, 75009 Paris

Tarif : 25 euros (hors frais de réservation en ligne)
des places au tarif « -20 ans » à 10 euros sont disponibles uniquement au téléphone au 01 53 05 19 19 et ce, dans la limite du contingent disponible.

Pour réserver, rendez-vous sur : Billetterie en ligne
Directement sur place au Théâtre de l’Athénée ou par téléphone au 01 53 05 19 19.

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.