L’archangélique et autres poèmes de Georges Bataille

L'archangélique et autres poèmes de Georges Bataille

Préface de Bernard Noël. Collection Poésie / Gallimard

L’œuvre poétique de Bataille, ce qui relève explicitement de l’écriture du poème, tient en fait en peu de pages, mais ce peu de pages forme la part visible d’une entreprise où la poésie est partout. « La poésie, dans la littérature, est l’essentiel, ce qui touche », écrit-il ; et quand il cite « ce qui séduit, émeut, enivre les sens », il énumère : « le vin, la sensualité, la poésie et par-delà la poésie, cette souveraine disposition de soi qui touche à la limite de la folie ».
C’est sans aucun doute dans cet état de « souveraine disposition de soi » que Bataille veut écrire ses poèmes afin qu’ils témoignent de l’expérience même de ce qu’il nomme « l’impossible ». La parole s’apparente alors à un foudroiement, à un sacrifice. « Elle fait surgir une autre vérité que celle de la science. C’est la vérité de la mort, de la disparition. » Il y a dans « L’Archangélique » et les autres fragments poétiques disséminés ici et là dans l’œuvre de Georges Bataille une tension tragique, une révolte qui hésite entre les mots du blasphème et ceux d’un frisson sacré.<a

Paru le 1er avril 2008

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Guy Goffette

« Offrande »

« Offrande »

Parler d’août
brûle ma langue

J’élève dans le soleil
un enfant de ma fièvre
au goût de sel
quelques mots que la mer
en partant m’a laissés
qui me parlent d’oiseaux
qui avivent mon feu

Je suis une calanque
au milieu du désert

Guy Goffette, Pain Perdu, Éditions Gallimard, 2020.