L’annonce faite à Venise de Francis Vladimir

L'annonce faite à Venise de Francis Vladimir

L’Annonce faite à Venise est issue d’un voyage en avril 2004. À la question qu’on lui posa tout de suite après son séjour d’un texte sur Venise , l’auteur se souvient avoir répondu pleinement conscient
qu’il était des grands noms de la littérature qui rendirent hommage à la grandeur et aux fastes passés de cette cité : un poème sur Venise , jamais… . Preuve s’il en est que l’on peut écrire malgré ses réticences.
Francis Vladimir a ce pendant succombé à la magie car la poésie des lieux et des hommes s’est imposée à lui.
L’auteur reste conscient de la vanité d’un tel projet. Qui n’a senti la magnificence et respiré l’air de Venise ne peut mesurer la petitesse à laquelle le passant est renvoyé. Ce rapport à la fois violent et mystérieux, doux et empreint de désir, est à la source des mots égrenés dans ce long poème .
Au centre de l’oeuvre picturale et graphique de Roxane Maurer se trouve une attention plus particulière donnée à l’illustration ; le rôle du dessin y tient une place primordiale ; il s’agit pour elle
d’une form e de conscience .
Francis Vladimir et Roxane Maure r ont souvent collaboré ensemble. Ce qui les lie esthétiquement se
donne à voir dans une certaine forme d’expression de l’espace et du lumineux.
Venise espace , Venise lumière .
Dans ce recueil, à la dimension de la temporalité s’adjoint la question de l’utopie . Exprimer le temps c’est participer aux interrogations que portent l’architecture .
Venise où l’ouverture vers un ailleurs, vers les autres, donne des repères peut-être pour dépasser rien qu’un instant cette haine de soi si présente dans les villes d’aujourd’hui. Ere des mégapoles, ère du nihilisme … Venise ne serait-elle pas à elle seule une utopie réussie ?
Interrogeant le travail de ces hommes qui ont construit cette merveille , elle nous ramène à notre propre responsabilité.

Paru le 1er octobre 2007

Éditeur : Bérenice

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.