L’amande intérieure de Gilles Plazy

La poésie est l’impossible du langage, chacun s’y heurtant la glotte, mais une voix tente de tenir parole, au plus juste, et d’ouvrir un dire intime à l’air du large. L’amande intérieure a été précédé par quatre recueils de poèmes, désormais à considérer comme des brouillons, dont témoignent quelques bribes ici recueillies.
Écrivain et plasticien, Gilles Plazy, né en 1942, est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages (poésie, fiction, essais, documents) parmi lesquels, à La Part Commune, L’Incognito de Douarnenez (Georges Perros), Cézanne qui n’existe pas et Julien Gracq, en extrême attente. Il vit et travaille à Paris et à Trégunc (Finistère).

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : La Part commune

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.