L’amande intérieure de Gilles Plazy

La poésie est l’impossible du langage, chacun s’y heurtant la glotte, mais une voix tente de tenir parole, au plus juste, et d’ouvrir un dire intime à l’air du large. L’amande intérieure a été précédé par quatre recueils de poèmes, désormais à considérer comme des brouillons, dont témoignent quelques bribes ici recueillies.
Écrivain et plasticien, Gilles Plazy, né en 1942, est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages (poésie, fiction, essais, documents) parmi lesquels, à La Part Commune, L’Incognito de Douarnenez (Georges Perros), Cézanne qui n’existe pas et Julien Gracq, en extrême attente. Il vit et travaille à Paris et à Trégunc (Finistère).

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : La Part commune

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes