L’allégresse pensive

Auteur : Michel Deguy

L'allégresse pensive

En mai 2006, des écrivains, des poètes, des philosophes et des critiques se sont retrouvés à Cerisy pour travailler en compagnie de Michel Deguy sous la bannière de « l’allégresse pensive » empruntée à Milton.
Au fil des interventions et des conversations, une réflexion collective s’est construite qui prenait son départ dans les poèmes et les thèses théoriques d’un poète influent qui refuse qu’on sépare l’acte de création de l’instance critique. En effet, au-delà des lieux communs de plus en plus fréquents sur poésie et philosophie, au-delà de la reprise de ces thèmes par la vulgate, la poésie comme la poétique de Michel Deguy sont en pensée. Elles sont de la pensée, elles sont pour la pensée, elles sont en pensée. Elles définissent un « régime » de la pensée. D’où une série de questions :
Si le poème pense, comment penser en poème ? Quels sont alors les effets de la pensée sur le poème et du poème sur la pensée ? Et comment penser les rapports d’une poésie pensive et de la poétique ? Si la poésie n’est pas seule, quels sont ses liens avec les autres arts ? Qu’en est-il du poème à l’ère du « culturel » ? Comment l’écrire et comment le lire ? Si la poésie enfin a rapport avec la croyance, comment dire le rapport de la croyance poétique et du « sans retour » si l’on désigne par là le mouvement de sortie du religieux ?
Les interventions du colloque sont exposées selon l’ordre des raisons. Elles sont précédées d’un récit : L’Hexaméron à l’endroit.

Paru le 1er janvier 2008

Éditeur : Belin/ Po&sie

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Olivier Barbarant

Essais de voix malgré le vent

Voilà dix ans que je tente passer la rampe sans trop forcer les choses ni les mots gaspillés
Tant que faire se peut à éviter les coups de glotte ou le leurre d’en rajouter
Dix ans à prendre les pages pour cet étrange mégaphone où le murmure porte au loin sans briser si possible sa première douceur
À croire qu’avec le livre ouvert c’est le frisson qui se propage et qui peut-être se survit

Dix ans à vous prêter entre mon corps et l’ombre ce bruit de branche agitée qu’un jour vous aussi avez entendu
Sans toujours songer à le dire si bien que je le fais pour vous
Rêvant des phrases et formes de remords comme une mûre dans les ronces
Rompant lentement le silence jusqu’à nos lèvres écorchées
Pour faire place au peu de jours de vous à moi qui nous rassemble.

Essais de voix malgré le vent, Éditions Champ Vallon, 2004.