L’air au petit chevalier Les évasions sempiternelles d’Hubert Fréalle

L'air au petit chevalier Les évasions sempiternelles d'Hubert Fréalle

L’extrait
Résignation

Mon cœur brûle, brûle, brûle
et se consume
Toutes les photos rangées au fond du placard
brûlent, brûlent, brûlent
Toutes les lettres tapissant les bords de ma mémoire
sont consumées, consumées, consumées
Le téléphone veille dans un silence morbide
On a emmené le vieux piano désaccordé
Il finira dans un champ, dans la boue d’un orage
Le long d’un cierge se déroule l’instant de toute une vie
un ciret et une boîte d’allumettes
Prendre garde aux fruits moisis
Et rendre à Dieu l’incertitude et la peine
Laisser au Diable les verres pleins et les filles faciles
Attendre
au bord de n’importe quelle rivière
la moindre éclaircie
Capturer l’étoile
Etre au centre et mener la danse
Souple et solide
Comme un hochement de tête décidé.

Paru le 1er janvier 2012

Éditeur : L’échappée belle

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

La colline que nous gravissons

Mais soudain, l’aube nous appartient.
Sans savoir à quoi cela tient, nous agissons.
Sans savoir à quoi cela tient, nous avons
tenu bon,
Témoins d’une nation non pas brisée,
mais simplement inachevée.

Amanda Gorman, La colline que nous gravissons , Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lous and the Yakuza, Éditions Fayard, 2021.