L’Iliade, poème du XXIe siècle

L'Iliade, poème du XXIe siècle

Bernard W. Knox & Simone Weil

Édition établie par Enrique Escobar, Myrto Gondicas et Pascal Vernay

L’Iliade est un long poème « classique », que bien des gens cultivés ne lisent de nos jours qu’avec difficulté. À tort ou à raison, l’Odyssée - où il est question de voyages et de métamorphoses, de monstres et de belles magiciennes - semble d’une lecture plus aisée. Malgré les adaptations cinématographiques plus ou moins fidèles, malgré les très nombreuses éditions scolaires, achetées par routine, l’œuvre est-elle vraiment lue ? Que dire à ceux pour qui l’Iliade n’est qu’une suite monotone de batailles, où l’on voit se massacrer sans fin des gens aux noms et aux croyances bizarres ? Il n’est peut-être pas de meilleure réponse, ni de meilleur début de réponse que celles fournies par les deux textes ici réunis.

Paru le 1er octobre 2006

Éditeur : Arléa

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage