L’Exil tenace de Bruno Talavera

Préface de Bernard Giusti
Photo de couverture d’Emilie Cayre
Couverture de Laurent Dupouy
Maquette de Christine Kalanquin

110 pp., 13 euros

« Poésie existentielle, la poésie de Bruno Talavera plonge ses racines dans la fuite du Temps et la nudité de l’instant. En des vers fulgurants, le poète recueille et transcende les multiples vacillements qui parsèment nos existences, semblables à ces fleurs mystérieuses, magnifiques et inquiétantes que nous laissons sur le bord des chemins, en emportant avec nous le souvenir de leurs fortes exhalaisons. Instants où le cœur vacille et où la pensée s’enivre de sa propre lucidité. Mais là où la plupart s’empresseraient de passer et d’oublier, la poésie de Bruno s’arrête et fait loupe, saisissant l’être dans toute la dimension de son incertitude. » (extrait de la préface)

J’ai oublié le lieu

Où je vivais jadis ;

J’ai oublié les mots

Qui caressaient ton corps,

Oublié les frissons,

Et l’inspir de ton air.

J’ai oublié le lieu

Où nous vivions jadis,

Oublié tes répliques,

Sur ma scène égarées,

Et puis,

J’ai oublié mon nom

Trop de fois prononcé

Par tes désirs naissants ;

J’ai égaré mon nom

Pour ne t’entendre plus

Répéter sa mémoire,

Pour essayer, en vain,

D’oublier les contours

Trop nombreux de ta voix.

Commande à L’Ours Blanc, 28 rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris, accompagnée d’un chèque à l’ordre de L’Ours Blanc.

Paru le 1er mars 2006

Éditeur : L’ours blanc

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes