L’Abord

de Joël-Claude Meffre
Aborder au rivage de l’absence. Mais l’absence est-elle un pays ? Je suis face à ceux qui vont, mourant ma vie, bâtissant l’absence. Ayant déserté tout lieu. Il n’y a qu’à murmurer les mots toujours à recommencer "avec les yeux rivés à l’horizon où le regard s’engrave ". Faudrait-il donner nom à l’absence ? Mais il ne peut se prononcer ; seul un écho persiste, qui pourrait être celui de ce nom, que répète la falaise. Peut-être n’est-il seulement qu’une intention du nom de cette absence. Le murmure du poème se poursuit dans l’étendue, comme devant la mer, sans abord possible, par-delà de toute falaise…
Frontispice d’Albert Woda.
inédit 56 pages 14/22 cm Prix public TTC : 9 ¤ ISBN : 2.85194.588.2

Paru le 1er février 2003

Éditeur : Fata Morgana

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.