Kenneth Rexroth Les poèmes d’amour de Marichiko

Kenneth Rexroth Les poèmes d'amour de Marichiko

Kenneth Rexroth
Les poèmes d’amour de Marichiko
traduit de l’anglais (États-Unis) par Joël Cornuault
avec des mangas de Hokusai
ERES / PO&PSY princeps 2016

Les poèmes d’amour de Marichiko sont-ils, comme le prétend Rexroth, la traduction en anglais de pièces écrites par une jeune japonaise de sa connaissance ? Qui est, finalement, Marichiko ? Et son amant, appartient-il au monde physique ? Est-il un bien-aimé sacralisé ? Le Bouddha universel ?
Que le lecteur curieux ne soit pas un lecteur pressé, qu’il se laisse transporter par ce récit d’un amour sublime dont la beauté formelle tient à un langage qui marie concision, retenue et crudité, nourries à n’en pas douter par l’expérience d’une longue méditation. La clé de cette création des plus énigmatiques de Rexroth lui sera remise à la fin par son traducteur bienveillant.

Kenneth Rexroth (1905-1982), essayiste, poète et traducteur, fut l’un des premiers, dès les années 1930, à acclimater la poésie classique d’Extrême-Orient aux États-Unis. Ses intérêts multiples et variés pour la littérature et les arts, sous-tendus par une culture universelle anti-académique et libertaire, lui ont valu d’être considéré comme le "père" de la Renaissance de San Francisco, ce mouvement des années 1940-1950 qui accueillit les beats Kerouac et Ginsberg sur la côte ouest.

Paru le 1er septembre 2016

Éditeur : PO&PSY

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.