Kala Ghoda, poèmes de Bombay

Kala Ghoda, poèmes de Bombay

Arun Kolatkar (1931-2004) est considéré comme l’un des plus grands écrivains indiens et sans doute comme la voix la plus singulière et la plus aboutie de la poésie contemporaine du sous-continent.
Son œuvre transgresse d’ailleurs les frontières nationales et sa portée est universelle. Kolatkar était à la fois un poète de Bombay (ville dont son œuvre est indissociable) et un poète du monde, avec lequel sa poésie ne cesse de dialoguer. Peu d’écrivains eurent une démarche aussi éclectique que lui. À la fois héritier des avant-gardes européennes, des surréalistes et des poètes de la beat generation (il s’était lié d’amitié avec Ginsberg), imprégné de blues, de rock, du mouvement folk et de la culture populaire américaine, il était aussi plongé dans un ethos marathi, dans toute une mémoire collective orale et syncrétique, en particulier dans la tradition médiévale dévotionnelle en langues dites vernaculaires (la bhakti).

Paru le 1er novembre 2013

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.