KIA

Kouam Tawa

KIA

pour Aminata Traoré

Disent Kia les Samo pour sonner l’hallali, disait Kia Ki-Zerbo pour convier à la lutte.
Kia les bêtes sont là ! Kia les eaux débordent !
Kia kia kia ! Kia kia kia !
Mot d’appel, mot d’entrain –
Kia kia kia ! Sus aux nuits !
Sifflent les ophidiens suceurs de nos ardeurs, feulent les félidés ruineurs de nos ressources.
Glapissent les rapaces causeurs de nos soucis, grognent les pachydermes broyeurs de nos espoirs.
Beuglent les bovidés harasseurs de nos crans, braillent les batraciens entacheurs de nos rires.
Hurlent les canidés égorgeurs de nos joies, ricanent les charognards abîmeurs de nos paix.
Kia les bêtes sont là ! Kia les eaux débordent !
Kia kia kia ! Kia kia kia !
Mot de feu, mot de pierre –
Kia Kia Kia ! Sus aux peurs !
Disons Kia pour briser les chaînes de nos misères, disons Kia pour aller à l’assaut de nos rêves.

Ouagadougou, le 06 octobre 2016

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.