Juste une pierre noire

Auteur : Jeanine Baude

Juste une pierre noire

« Dis-moi le redoublement des racines
la femme qui s’avance sans amarres
et sans peur
debout dans la distance
celle qui écrit au revers des courants »

Le choix de l’éditeur
En 2008, tandis je publiais Le Chant de Manhattan aux Éditions Seghers, j’étais loin d’imaginer que Jeanine Baude me donnerait à lire un jour le texte incandescent que vous tenez entre les mains. Juste une pierre noire est l’évocation âpre, souvent violente, d’une expérience des limites. Celle qui a conduit l’auteur de ces pages, des ténèbres à la lumière, de la mort à la renaissance, de la démesure à l’acceptation confiante du quotidien. L’écriture poétique de Jeanine Baude, née dans les Alpilles en 1946, est un fleuve qu’aucune digue ne contient. Ainsi que l’écrit Andrée Chedid, dédicataire du recueil, le delta de ce fleuve « dessine d’infinis parcours » à l’approche de la mer.

Paru le 27 mai 2010

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Is it for now or for always
The world hangs on a stalk ?
Is it a trick or a trysting-place,
The woods we have found to walk ?

Is it a mirage or a miracle,
Your lips that lift at mine :
And the suns like juggler’s juggling-balls,
Are they a sham or a sign ?

Shine out, my sudden angel,
Break fear with breast and brow,
I take you now and for always,
For always is always now.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.