Júlia da Costa

Júlia da Costa, de son nom complet Júlia Maria da Costa, naît le 1er juillet 1844 à Paranaguá, au Brésil.

Issue d’une famille traditionnelle, Júlia est amenée, dès son plus jeune âge à étudier et pratiquer divers arts. Très jeune, elle se consacre notamment au piano et à la poésie.

Encore célibataire à 26 ans, Júlia se voit contrainte, par sa famille et principalement pour des raisons de commodité, d’épouser le commandant Francisco da Costa Pereira, homme riche de trente ans son aîné, veuf d’Anna Maria do Carmo. Les mariés s’installent à São Francisco, ville du littoral nord de l’État Santa Catarina, où Júlia restera toute sa vie. Malgré son mariage, nombreux sont ceux qui savent qu’elle aime le poète Benjamin Carvoliva. Les amants correspondent presque quotidiennement, dans une frénésie délicate et secrète.

Dans une de ses lettres, alors qu’elle vit un bien terne mariage, Júlia propose à son amant de s’enfuir avec elle. Face à cette audace, Benjamin rompt sa relation, délaissant ainsi Júlia dans une profonde mélancolie. Elle se met alors à écrire des poèmes évoquant le désespoir et le malheur. Sa vie également change, elle passe de plus en plus de temps dans les soirées et les fêtes, peint ses cheveux en noir – ce que ne faisaient que les prostituées à l’époque – et devient, en quelque sorte, une légende vivante à São Francisco. Elle s’immisce également dans la vie politique et médiatique de sa région, donnant tour à tour son opinion sur la guerre de Paraguay, la monarchie, ou encore Pedro II, bien seule passion qu’elle partageait avec son mari. Júlia publie ainsi de nombreux articles dans divers journaux et magazines de Santa Catarina tels que O Mercantil, O Conservador, Gazeta de Joinville, A União, O Despertador, A Regeneração, Opinião Catharinense, Correio da Tarde, O Artista, O Estado, Joinvilense ou encore Beijaflor.

C’est la mort de son mari qui va pousser Júlia à se retirer de cette vie. Elle se renferme en effet sur elle-même, vivant presque exclusivement cloîtrée chez elle où elle projette d’écrire son premier roman.

Júlia est finalement retrouvée morte, à son domicile, le 12 juillet 1911.

Les recherches sur la vie de Júlia da Costa ont principalement été menées par l’historien Carlos da Costa Pereira, petit-neveu du commandant Francisco, et regroupées dans son livre intitulé Traços da Vida da Poetisa Júlia da Costa paru en 1982. Encore aujourd’hui, certains faits de vie de la poétesse sont discutés. Certains, tout comme Carlos da Costa Pereira dans son livre, la considère comme une grande poétesse, d’autres lui attribuent une vulgarité sans intérêt quelconque.

Aujourd’hui, il n’existe qu’une seule anthologie de poésie brésilienne traduite en français disponible en librairie. Il s’agit de La Poésie du Brésil parue en 2012 aux Éditions Chandeigne. Cette édition a pour ambition d’offrir le premier panorama jamais donné à lire au lecteur français. En effet, elle embrasse près de quatre siècles de création poétique, depuis les mythes amérindiens et les productions jésuites du XVIe siècle jusqu’aux textes de poètes nés juste avant 1940.

Pour en savoir plus (en portugais) sur la poésie de Júlia Da Costa : https://bit.ly/3he1Gl0

Extrait

Eia ! vamos sorrindo ao som dos hinos
Festivais, que a natura oferta aos crentes
Na voz da viração !

Teu ideal não existe, é um sonho vão,
Mas busquemos à luz dos candelabros
Dos sonhos a ilusão !

Júlia da Costa
1844-1911

Allons ! suivons en souriant le bruit des hymnes festifs,
Que la nature dispense dans la voix de la brise
À tous les cœurs qui croient !

Ton idéal n’existe pas, c’est un vain songe,
Mais poursuivons à la lumière des candélabres
Cette illusion des rêves !

Júlia da Costa
1844-1911
« Haydée », La poésie du Brésil, Traduit du portugais par Max De Carvalho, Éditions Chandeigne, 2012.

Bibliographie

  • La poésie du Brésil, Quelques poèmes de Júlia da Costa, Traduit du portugais par Max De Carvalho, Éditions Chandeigne, 2012.
  • Poesía (Poésie), Imprensa Oficial do Paraná, 2001.
  • Flores dispersas (Fleurs éparses), Troisième édition comprenant Bouquet de violetas (Bouquet de violettes), Publication dans Um século de poesía. Poetisas do Paraná (Un siècle de poésie, Poésie de Paraná), Centro Paranaense Feminino de Cultura, 1959.
  • Poesías completas (Poésies complètes), Centro de Letras do Paraná, 1913.
  • Flores dispersas (Fleurs éparses), Deuxième édition, Brésil, Édition et date inconnue.
  • Flores dispersas (Fleurs éparses), Première série, Brésil, Édition inconnue, 1867.