José Corti

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Paris

Archéophonies

28 mars 2019

Archéophonies

Traduit par Stéphane Bouquet
Peter Gizzi, né en 1959, dans le Michigan, est poète, essayiste, éditeur et professeur de littérature américaine (University of Massachussetts Amherst). Il a publié huit livres de poésie, qui, tous, ont été remarqué par la critique outre-atlantique.
Avec le présent recueil, Archeophonics, le troisième que nous publions, après Externationale et Chansons du seuil, nous avons pour ambition de poursuivre, dans le cadre de notre collection La Série Américaine, exclusivement (…)

Les Loups

28 mars 2019

Les Loups

Le livre de Sophie Loizeau correspond bien à une certaine orientation de la collection poésie, marquée par la présence de la nature (comme le livre de Aurélie Foglia édité récemment). Ce n’est évidemment pas la nature à la manière des Romantiques, mais la nature telle qu’elle peut être ressentie au XXIe siècle.
Quant au livre Les Loups (2017 – 2018), il s’agit peut-être là d’un combat. Entre le don et la violence, entre le sensé et l’insensé, entre la compréhension et la bêtise, entre des forces que tout (…)

<i>Un bout du pré</i>

1er mars 2017

Un bout du pré

Le paysage qui dessine ici le livre entre plaisir de l’œil et joie de penser n’est pas qu’une métaphore, il rythme la promenade ardente de lire et d’écrire, de regarder. On glisse, on grimpe, on bifurque, on clopine et la perception se perturbe. Lire est une façon d’aimer. Aimer ne sait rien, tatonne lentement vers la surprise, le tremblement du plaisir. Je ne sais rien dit lire mais je regarde beaucoup. Mon acte de regarder lit, d’un point de vue que vous changez, le monde où je (…)

Algernon Charles Swinburne

1er mars 2017

Algernon Charles Swinburne

Algernon Charles Swinburne | Domaine Romantique (2017)
Traduit par Pascal Aquien
"C’est à un scandale que le poète anglais Swinburne (1837-1909) doit sa réputation  : celui de la publication en 1866 de Poèmes et Ballades, dont les censeurs victoriens se plurent à exagérer, et partant à dénoncer, le paganisme, les excès blasphématoires et les débordements éroticopervers : “la critique se fâcha”, remarqua Maupassant, “la critique anglaise, étroite, haineuse dans sa pudeur de vieille méthodiste qui veut des (…)

<i>Un bout du pré</i>

1er mars 2017

Un bout du pré

Si lire remplace le monde c’est par le monde. Le livre compose ici un paysage de lectures et de réflexions que la marche ou le regard parcourent. Dans un paysage, il y a des poussières et des massifs, beaucoup d’allures s’y croisent, le livre essaye de ne rien mépriser du petit bout du pré qu’il envisage.
Il ne s’agit pas de rendre compte de la littérature mais de repérer dans les livres qui passent les allures qui bougent le paysage que le plaisir de la peinture dessine, du ciel peuplé jusqu’aux (…)

<i>La poésie a mauvais genre</i>

1er avril 2016

La poésie a mauvais genre

La poésie n’est pas réductible à un genre. Elle excède les catégories et met à mal les définitions, tant elle n’a de cesse de "brûler l’enclos" (René Char) et "d’aller plus avant" (Paul Celan). Les essais réunis dans ce volume s’attardent sur quelques œuvres modernes qui, à des titres divers, manifestent ces franchissements (Guillaume Apollinaire, Rainer Maria Rilke, Maurice Blanchot, Christian Dotremont…). Ils esquissent par ailleurs plusieurs portraits de poètes, en chiffonnier, en arlequin, ou en (…)

Le serment du Jeu de paume de John Aschberry

1er octobre 2015

Le serment du Jeu de paume de John Aschberry

Traduction d’Olivier Brossard
Le serment du Jeu de Paume (The Tennis Court Oath, 1962), l’un des livres clef de la littérature américaine d’après-guerre, correspond à la « période française » du poète américain John Ashbery (1927). John Ashbery a vécu 10 ans en France, d’abord à Montpellier puis à Paris, de 1955 à 1965. La publication de ce livre a provoqué une onde de choc dans le monde des lettres américaines, ouvrant la voie aux expérimentations les plus diverses dont s’inspireront les poètes des années (…)

Journal Seneca de Jerôme Rothenberg

1er octobre 2015

Journal Seneca de Jerôme Rothenberg

Jerome Rothenberg a fait paraître une quinzaine de recueils majeurs, parmi lesquels on citera Poems for the Game of Silence (1971), Poland/ 1931 (1974), Vienna Blood (1980), Khurbn (1989), The Lorca Variations (1993), Seedings & other poems (1996), A Book of Witness, (2003) — et ce Seneca journal, qui fait le lien avec son anthologie Les Techniciens du sacré, publiée chez Corti en 2008. Journal seneca, recueil le plus « ethnopoétique » de Jerome Rothenberg, a été écrit après un séjour de deux (…)

Voire de Maël Guesdon

1er février 2015

Voire de Maël Guesdon

Elle, interdite. Pour ceux du présent où s’ouvre en péril.
Il regarde dehors puis retourne au miroir. Elle le voit
alors en elle sans corps.
De nouveau plus sombre et flou, d’un fond uni de loin,
l’image de sa main passe devant le champ de masses rouges et beiges.
Vu de la meurtrière, le pas de porte est désert.

Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui

1er octobre 2014

Philippe Beck, un chant objectif aujourd’hui

Direction : Isabelle Barbéris, Gérard Tessier | Corti 2014
À Cerisy-la Salle, en août 2013, la décade consacrée à l’œuvre poétique de Philippe Beck a marqué, révélant la force générale d’un chant en devenir (ainsi du « Projet Merlin »). La pensée de la poésie maintenue en sa nécessité politique (Benoît Casas, Tristan Hordé), un agencement sensible s’est ouvert à l’interprétation (Tim Trzaskalik). Des manières de lire ont approché une rédification, une réfection objective et « plus que lisible » (Jean-Luc (…)

Poème
de l’instant

La panthère des neiges

L’affût commande de tenir son âme en haleine. L’exercice m’avait révélé un secret : on gagne toujours à augmenter les réglages de sa propre fréquence de réception. Jamais je n’avais vécu dans une vibration des sens aussi aiguisée que pendant ces semaines tibétaines. Une fois chez moi, je continuerais à regarder le monde de toutes mes forces, à en scruter les zones d’ombre. Peu importait qu’il n’y eût pas de panthère à l’ordre du jour. Se tenir à l’affût est une ligne de conduite. Ainsi la vie ne passe-t-elle pas l’air de rien. On peut tenir l’affût sous le tilleul en bas de chez soi, devant les nuages du ciel et même à la table de ses amis. Dans ce monde il survient plus de choses qu’on ne le croit.

Sylvain Tesson, La panthère des neiges, Éditions Gallimard, 2019.