José Bergamín

José Bergamín Gutiérrez naît le 30 décembre 1895 à Madrid.

Fils d’un père communiste briguant la présidence du canton de Malaga et d’une mère catholique, José Bergamín s’efforce toute sa vie de concilier ces deux schémas de pensée. « Avec les communistes jusqu’à la mort… mais pas un pas de plus ».

José commence par étudier le droit et publie rapidement ses premiers articles au cours des années 1921 et 1922 dans la revue Indice dirigée alors par Juan Ramón Jiménez, avec qui il noue de profonds et durables liens d’amitié. C’est au cours de cette même décennie, notamment grâce à sa participation à la revue Indice, qu’il rencontre le philosophe Miguel de Unamuno, véritable source d’inspiration, ainsi que de nombreux écrivains appartenant à cette « génération de 27 » qu’il préfère nommer « génération de la République ».

Principal disciple de Miguel de Unamuno, José Bergamín Gutiérrez présente une œuvre riche et originale mettant principalement en avant les milieux littéraires espagnols, le Siècle d’or, la mystique, la politique ou encore la Tauromachie.

En opposition avec la dictature de Miguel Primo de Rivera, il participe à une réunion politique de soutien aux idéaux républicains à Salamanque puis occupe brièvement un poste de Directeur général dans le premier ministère du Travail républicain, sous les ordres de Francisco Largo Caballero.

En 1933, il fonde et dirige la revue Cruz y Raya, « revue du plus et du moins », ou « revue de l’affirmation et de la négation », publication se voulant à la fois originale, ouverte et indépendante, à laquelle sont rattachés de nombreux auteurs de la « génération de 27 ». Le trente-neuvième et dernier numéro de cette revue paraît en juin 1936, quelques jours seulement avant le coup d’État militaire.

Durant la guerre civile, Jose Bergamín est à la tête de l’Alliance des intellectuels antifascistes puis devient conseiller culturel à l’ambassade espagnole à Paris où il s’emploie à rechercher des appuis moraux et financiers pour la jeune République. Il y rencontre notamment Jacques Maritain, Georges Bernanos, François Mauriac, Paul Éluard et André Malraux.

Très présent sur la scène culturelle de cette époque, il publie dans les revues El Mono Azul, Hora de España et Cuadernos de Madrid mais préside également le second Congrès international des écrivains défenseurs de la Culture en 1937 qui a lieu à Valence. Ce dernier réunit alors plus d’une centaine d’intellectuels de toutes les origines.

La victoire de Franco l’amène à quitter l’Espagne pour rejoindre tout d’abord le Mexique où il restera de 1939 à 1946. C’est à cette période qu’il fonde la revue España peregrina qui accueille les aspirations des écrivains exilés, ainsi que les éditions Séneca, qui publient notamment les premières œuvres complètes de Antonio Machado, certaines œuvres de Rafael Alberti, César Vallejo, Federico García Lorca et Luis Cernuda.
En 1946, il part pour le Vénézuela, puis rejoint l’Uruguay dès 1947 pour y rester jusqu’en 1954. Il regagne finalement la France qu’il ne quitte qu’en 1957.

Lorsqu’il revient en Espagne en 1958, il est rapidement accusé d’opposition au régime et est donc contraint à un nouvel exil à partir de 1963.

Il revient définitivement en Espagne en 1970, tout d’abord à Madrid puis au Pays Basque. Il y meurt le 28 août 1983, à Saint-Sébastien.

Bibliographie

Œuvres en espagnol

  • El cohete y la estrella, Revue Índice, 1923.
  • Don Lindo de Almería, 1926.
  • Caracteres, 1926.
  • Enemigo que huye : Polifemo y Coloquio espiritual (1925-1926), Biblioteca Nueva, 1927.
  • Mangas y capirotes (España en su laberinto teatral del XVII), Plutarco, 1933.
  • Las ideas liebres : aforística y epigramática (1935-1981), Destino, 1998.
  • La más leve idea de Lope, Ediciones del Árbol, 1936.
  • Presencia de espíritu, Ediciones del Árbol, 1936.
  • El alma en un hilo, Séneca, 1940.
  • Detrás de la cruz : terrorismo y persecución religiosa en España, Séneca, 1941.
  • El pozo de la angustia, Séneca, 1941.
  • El pasajero, Séneca, 1943.
  • La hija de Dios ; y La niña guerrillera, Manuel Altoaguirre, 1945.
  • La voz apagada : (Dante dantesco y otros ensayos), Editora Central, 1945.
  • La corteza de la letra : (palabras desnudas), Losada, 1957.
  • Lázaro, Don Juan y Segismundo, Taurus, 1959.
  • Fronteras infernales de la poesía,Taurus, 1959.
  • La decadencia del analfabetismo ; La importancia del demonio Santiago de Chile, Cruz del Sur, 1961.
  • El arte de birlibirloque ; La estatua de Don Tancredo, El mundo por montera Santiago de Chile ; Cruz del Sur, 1961.
  • Del otoño y los mirlos, El Retiro, 1962.
  • Al volver, Seix Barral, 1962.
  • Rimas y sonetos rezagados ; Duendecitos y coplas Santiago de Chile, Cruz del Sur, 1963.
  • Apartada orilla : (1971-1972), Turner, 1976.
  • De una España peregrina, Al-Borak, 1972.
  • Beltenebros y otros ensayos sobre literatura española, Noguer, 1973.
  • La risa en los huesos, Nostromo, 1973.
  • Velado desvelo : (1973-1977),Turner, 1978.
  • Ilustración y defensa del toreo Torremolinos, Litoral, 1974.
  • El clavo ardiendo, Aymá, 1974.
  • La importancia del demonio y otras cosas sin importancia, Júcar, 1974.
  • El pensamiento perdido : páginas de guerra y del destierro, Adra, 1976.
  • Esperando la mano de nieve : (1978-1981), Turner, 1985.
  • Los filólogos, Turner, 1978.
  • Calderón y cierra España y otros ensayos disparatados, Planeta, 1979.
  • Por debajo del sueño : antología poética, Litoral, 1979.
  • Al fin y al cabo (prosas), Alianza, 1981.
  • El cohete y la estrella ; La cabeza a pájaros, Cátedra, 1981.
  • La claridad desierta, Turner, 1983.
  • Canto rodado, Turner, 1984.
  • Hora última, Turner, 1984.
  • Poesías casi completas, Alianza, 1984.
  • El pensamiento de un esqueleto : antología periodística, Litoral, 1984.
  • Prólogos epilogales, Pre-Textos, 1985.
  • La claridad del toreo, Turner, 1987.
  • La música callada del toreo, Turner, 1989.
  • Escritos en Euskal, Txalaparta, 1995.
  • Ristal del tiempo Hondarribia, Hiru, 1995.
  • Antología poética, Castalia, 1997.

Œuvres en français

  • La décadence de l’Analphabétisme, Traduction de Florence Delay, La Délirante, 1988.
  • La Solitude sonore du toreo, Traduction de Florence Delay, Éditions du Seuil, 1989.
  • L’Art de Birlibirloque, Traduction de Marie-Amélie Sarrailh, Le Temps Qu’il Fait, 1998.
  • Le puits de l’angoisse, Traduction d’Yves Roullière, Éditions de l’Éclat, 1998.
  • Tout et rien de la peinture, Traduction de Florence Delay, Deyrolle Éditeur, 1999.
  • Jouet des dieux, Aphorismes et caricatures, Traduction d’Yves Roullière, Éditions du Rocher, 2002.
  • Terrorisme et persécution religieuse, Traduction d’Yves Roullière, Éditions de l’Éclat, 2007.
  • La Solitude sonore du toreo, Traduction de Florence Delay, Éditions Verdier, 2008.
  • Le Clou brûlant, Préface d’André Malraux, Traduction de Jean-Claude Carrière, Les Fondeurs de Briques, 2010.
  • En tauromachie, tout est vérité et tout est mensonge, Traduction d’Yves Roullière, Éditions de l’Éclat, 2012.
  • Les idées lièvres, Traduction d’Yves Roullière, Les Fondeurs de Briques, 2012.
  • Le Toreo, question palpitante, Traduction d’Yves Roullière, Les Fondeurs de Briques, 2012.