Jean de La Fontaine

Jean de La Fontaine naît le 8 juillet 1621 à Château-Thierry.

Fils du maître des Eaux et Forêts et capitaine des chasses du duché de Château-Thierry, Charles de La Fontaine, et de Françoise Pidoux, fille de Jean Pidoux, seigneur de la Maduère, Jean a un jeune frère prénommé Claude né en 1623. Ils passent leur jeunesse à Château-Thierry, dans l’hôtel particulier que leurs parents ont acheté en 1617 au moment de leur mariage.

C’est au collège de sa ville natale que Jean fait la connaissance de François de Maucroix de qui il devient ami. S’il étudie le latin, il se refuse au grec. Préférant lire L’Astrée d’Honoré d’Urfé à Saint-Augustin, il renonce à l’état clérical que lui destinaient ses parents et part étudier le droit à Paris.

C’est dans la capitale qu’il commence à fréquenter un cercle de jeunes poètes surnommé les chevaliers de la table ronde. Il y rencontre notamment Pellisson, François Charpentier, Tallemant des Réaux, et Antoine de Rambouillet de La Sablière. En 1947, il épouse, sur la demande son père, Marie Héricart, fille de Louis Héricart, lieutenant civil et criminel du bailliage de La Ferté-Milon. Jean a 26 ans, Marie 14. Si leur fils Charles naît dès 1652, Jean est très rapidement lassé de cette relation. Dans ses Historiettes, Tallemant des Réaux écrit :

« Sa femme dit qu’il resve tellement qu’il est quelque fois trois semaines sans croire estre marié. C’est une coquette qui s’est assez mal gouvernée depuis quelque temps : il ne s’en tourmente point. On luy dit : mais un tel cajolle vostre femmes - Ma foy ! répond-il qu’il fasse ce qu’il pourra ; je ne m’en soucie point. Il s’en lassera comme j’ay fait. Cette indiférence a fait enrager cette femme, elle seiche de chagrin. »

Jean obtient son diplôme d’avocat au Parlement de Paris en 1649.

À Paris, Jean fréquente les milieux libertins et précieux. De 1648 à 1653, nul ne sait réellement ce qu’il fit, l’instabilité politique lui ayant peut-être inspiré quelques fables telles que « Conseil tenu par les rats » ou « La Chauve-souris et les Deux Belettes » : « Le Sage dit, selon les gens, Vive le Roi, vive la Ligue ».

En 1652, Jean hérite de la charge de maître particulier triennal des eaux et des forêts du duché de Château-Thierry. Référant son activité de poète, il délaisse quelque peu cette tâche. C’est en 1654 qu’il publie son premier texte, une comédie en cinq actes adaptée de Térence et intitulée L’Eunuque. Celle-ci passe totalement inaperçue.

En 1658, Jean entre au service de Fouquet, alors surintendant des Finances. Il demande également la séparation de biens avec sa femme. Fouquet est finalement arrêté sur ordre de Louis XIV, mais Jean, fidèle, ne cesse pour autant d’écrire à son protecteur. En 1663, Jean part en voyage dans le Limousin durant lequel il écrit Relation d’un voyage de Paris en Limousin, récit de voyage sous forme de lettres en vers et en prose adressées à son épouse. On ne sait à ce jour si ce voyage résulte d’un exil ordonné par l’administration de Louis XIV ou de la décision librement consentie.

En 1664, Jean entre au service de la duchesse de Bouillon et de la duchesse douairière d’Orléans, partageant ainsi son temps entre Paris et Château-Thierry. C’est à cette période qu’il connaît son premier succès littéraire avec la parution de son premier conte intitulé Joconde, tiré de l’Arioste. Deux recueils, de contes et nouvelles en vers, vont suivre, ainsi que les Fables choisies, dédiées à Louis de France et publiées en 1668. En 1669, Jean publie son premier roman intitulé Les Amours de Psyché et de Cupidon, dont la forme inédite suscite une relative incompréhension.

En 1670, il participe à la réalisation d’un recueil de poésies chrétiennes et diverses édité en 1670 par Port-Royal, et en 1671, il publie un troisième recueil de contes et nouvelles en vers.

À la mort de la Duchesse d’Orléans en 1672, Jean connaît de nouvelles difficultés financières qui incitent Marguerite de La Sablière à l’héberger quelques mois pendant l’année 1673.

En 1678 et 1679 ; après avoir publié des textes finalement interdits à la vente, il fait paraître un nouveau recueil de Fables choisies mises en vers, dédié à Madame de Montespan, maîtresse du Roi. Cette activité littéraire se solde finalement, en 1684, par une élection, pour le moins tumultueuse, à l’Académie française. C’est à l’occasion de son discours de remerciement, dédié à Madame de La Sablière, qu’il se qualifie de « papillon du Parnasse ». Cette nomination à l’Académie va toutefois entraîner une série de scandales. Parmi eux, celui faisant suite à la lecture de Louis Le Grand du poème Le siècle de Charles Perrault.

En 1692, Jean tombe malade, vraisemblablement de la tuberculose, demande rapidement à voir un prêtre et reçoit même l’extrême-onction, le 12 février 1693.

Jean meurt finalement le 13 avril 1695, au 61 rue Platrière. Voici son épitaphe, qu’il avait lui-même composé :

Jean s’en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds après son revenu ;
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien sçut le dispenser :
Deux parts en fit, dont il souloit passer
L’une à dormir, et l’autre à ne rien faire.

Bibliographie

Premières éditions

  • Astrée, 1691.
  • Ouvrages de prose et de poésie, 1685.
  • Poème du Quinquina, 1682.
  • Daphné, 1674.
  • Poème de la captivité de saint Malc, 1673.
  • Clymène, 1671.
  • Recueil de poésies chrétiennes et diverses, 1671.
  • Les Amours de Psiché et de Cupidon, 1669.
  • Fables, 1668.
  • Contes et nouvelles en vers, 1665.
  • Ode au roi, 1663.
  • Élégie aux nymphes de Vaux, 1660.
  • Les Rieurs du Beau-Richard, 1659.
  • Adonis, 1658.
  • L’Eunuque, imité de L’Eunuque de Térence, 1654.

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