Jean-Luc Parant par Jean-Louis Giovannoni

Auteur : Jean-Luc Parant

Jean-Luc Parant par Jean-Louis Giovannoni

« Fabricant de boules et de textes sur les yeux », Jean-Luc Parant aime à se désigner ainsi : homme bifrons qui partage sa vie, depuis plus de trente ans, entre l’art et la poésie.
Ce poète artiste explore le monde et ses moindres aspects tantôt de sa plume tantôt de ses mains. « J’écris des textes sur les yeux, déclare-t-il, pour pouvoir entrer dans mes yeux et aller là où mon corps ne va pas (…). Pour aller là sur la page, dans ma tête, dans l’espace. Je fais des boules pour pouvoir entrer dans mes mains et aller là où mes yeux ne vont pas (…). Pour aller là dans la matière, dans mon corps sur la terre. » Littérature et sculpture, deux démarches artistiques qui s’accordent et se complètent.
Dans son Traité de physique parantale, Jean-Louis Giovannoni s’intéresse au poète – mais l’artiste n’est jamais loin. D’emblée il avertit le lecteur : « Le problème chez Parant (…) c’est qu’on ne peut le revêtir une fois pour toutes. (…) Entrer en lui est chose possible. Ensuite comment s’y tenir. Il est tout en manches. Sans tronc. » Nous sommes prévenus, Jean-Luc Parant fait partie de ces poètes prestidigitateurs, impossible de le fixer, de le circonscrire dans des mots, il glisse entre nos mains, nous échappe, disparaît.
Une seule issue : se laisser happer par ses poèmes, « accepter d’être travaillé, pétri à même la pâte, roulé et roulé, voire asphyxié par tant d’espaces agglomérés. » Une fois embarqué, le lecteur peut se laisser guider par Jean-Louis Giovannoni et découvrir avec lui les huit « lois physiques parantales » qui viennent éclairer cette mystérieuse « affaire Parant ».

Paru le 1er septembre 2006

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Lokenath Bhattacharya

Le spectateur enchanté

Posté à la fenêtre, dans la maison qui est la sienne, enca-
dré, tableau lui-même, il reste là, à regarder. Son regard
tourné vers qui, quoi ? Vers la rue ? Ne s’y rencontre-t-il,
au contraire, ni chemin ni défilé ? Pas davantage d’arbres,
de collines, de montagnes ? Pas non plus d’êtres vivants,
pas un seul ? N’y trouve-t-on donc que vide infini, ciel illi-
mité, insondable silence ?

Lokhenath Bhattacharya, Le spectateur enchanté, Éditions La Part des anges, 2000.