Jean-Luc Parant

Jean-Luc Parant n’est pas né à un endroit sur la terre mais là où la lumière des yeux de sa femme Titi l’a éclairé pour la première fois. C’était en 1961.
Depuis, il n’a jamais cessé de fabriquer des boules aussi rondes que les yeux de Titi et d’écrire des textes sur les yeux. Il a inventé son propre métier et se dit lui-même "fabricant de boules et de textes sur les yeux".
Il vit à côté d’Avignon, au bord d’une rivière, dans une maison où il a tant entassé ses boules qu’il a tout juste la place de bouger. Quelques fois il fait rouler ses boules jusque dans des musées : par camion et par train pour ramper sur la terre comme les serpents, par bateau pour nager dans tous les océans comme les poissons et par avion pour voler dans le ciel comme les oiseaux : à Paris, à Marseille, à Lyon, à Toulon, à Digne et dans d’autres villes encore pour voyager avec elles et faire le tour de la terre. D’autres fois il fait des lectures de ses textes sur les yeux, accompagné au piano par sa fille Marie-Sol, jusque dans des théâtres, des écoles, des universités : à Paris, à Bordeaux, à Toulouse, à Rennes, à Belfort et dans d’autres villes encore pour voir avec eux et faire le tour de sa tête.

Extrait

La nuit je ne vois que le jour mais de si près qu’il fait nuit.

Le ciel de la nuit est le ciel du jour qui est si près de moi que je vois dedans les étoiles.

Le jour je ne vois que la nuit mais de si loin qu’il fait jour.

Le ciel du jour est le ciel de la nuit qui est si loin de moi que je ne vois plus qu’une étoile.

La nuit n’est qu’un jour trop près de mes yeux.

Le jour n’est qu’une nuit trop loin de mes yeux.

La nuit j’ai le jour dans les yeux.

Le jour j’ai la nuit devant les yeux.

La nuit le soleil s’éloigne dans le ciel et s’approche de mes yeux.

La nuit les étoiles s’approchent dans le ciel et s’éloignent de mes yeux.

Comme si la nuit était le recul du ciel du jour dans le ciel et l’approche du ciel du jour dans mes yeux.

Comme si la nuit était l’approche du ciel de la nuit dans le ciel et le recul du ciel de la nuit devant mes yeux.

Le jour le soleil s’approche dans le ciel et s’éloigne de mes yeux.

Le jour les étoiles s’éloignent dans le ciel et s’approchent de mes yeux.

Comme si le jour était l’approche du ciel du jour dans le ciel et le recul du ciel du jour devant mes yeux.

Comme si le jour était le recul du ciel de la nuit dans le ciel et l’approche du ciel de la nuit dans mes yeux.

Comme si la nuit et le jour n’étaient que le jeu des distances entre tout ce qui m’entoure.

Comme si la nuit ce qui était devant mes yeux je l’avais le jour dans les yeux.

Comme si le jour ce qui était devant mes yeux je l’avais la nuit dans les yeux.

Comme si la nuit j’étais ce voyant de cet aveugle du jour.

Comme si le jour j’étais ce voyant de cet aveugle de la nuit.

Bibliographie

Jean-Luc Parant a publié près d’une centaine de livres, participer à des catalogues, et réalisé des enregistrements.

Dernières publications  :

Les yeux au monde, Fata Morgana, Août 2003
Le journal du Bout des Bordes n°7/8, Al Dante, Juin 2003
Les yeux trois - Le déplacement des yeux, Corti , Mai 2003
Les yeux deux - L’accouplement des yeux, Corti, Mai 2003
Rimbaud et son double, avec Kristell Loquet, Avril 2003
Comme si le cillement des yeux, Le corridor bleu, mars 2003
Les yeux de Clara, Editions de l’Oeil, mars 2003
12.604 petites boules, Del Arco, octobre 2002
Les Yeux ouverts, Rencontres, Sept. 2002
Le ciel, son soleil et la terre, avec Titi et J-M Marchetti, Aencrage, Juin 2002
L’isolement des images, Editions de l’Oeil, Juin 2002
Rimbaud ailé, Musée Bibliothèque Arthur Rimbaud, Juin 2002
De l’oeil du corps au feu de l’univers, La bibliothèque du Lion, 2002
Le moindre pas de nos yeux, Complicités, 2002
Les yeux femelles et les mains mâles, Itinéraire, 2002
Les Yeux - L’envahissement des yeux, Corti, 2002
L’oeil-né, Fata Morgana, 2001
De si près, aveuglément, Mémo, 2001
A la trace des yeux, Voix, 2001
Les animaux, le retour, Fata Morgana, 2001
Le grand livre de J-L Parant, La Différence, 2000