Je veille incorrigible féticheur

Auteur : Anthony Phelps

Je veille incorrigible féticheur

Quatre ans après la publication de Nomade je fus de très vieille mémoire, le poète haïtien Anthony Phelps nous ouvre à nouveau les portes de son imaginaire. La première partie du livre nous fait entrer « dans l’amitié tranquille du texte ». En une suite de poèmes ludiques, il réinvente origine et mémoire, formes et couleurs, romances et paroles, arpentant les territoires du rêve en « affranchi de la Liberté ». Dans la seconde partie, écrite « sous encre délirante », son surréalisme caraïbéen cède l’initiative aux mots. En d’incessants vertiges, sa poésie nous délivre « des détresses de la nuit », offrant ce « regard bleu » qui « calme les paysages ». Et j’ai bonheur à entendre la parole de ce magicien des mots, « incorrigible féticheur », se jouer des harmoniques de la langue, avec une science éprouvée du rythme et de la musicalité.

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.