Je te menace d’une colombe blanche

Auteur : Maram Al-Masri

Je te menace d'une colombe blanche

Collection « « Autour du monde » »
Editions Seghers
Traduction de l’arabe par François-Michel Durazzo

L’une des voix féminines les plus attachantes et les plus singulières du monde arabe.
Les lecteurs francophones ont eu la possibilité de découvrir les derniers recueils de cette poétesse – Cerise rouge sur un carrelage blanc et Je te regarde – mais ils ignorent généralement qu’un recueil publié à Damas en 1984 sous le titre Je te menace d’une colombe blanche a assuré la notoriété de Maram al-Masri, alors âgée de vingt-deux ans.
Ce recueil, publié aujourd’hui par les Éditions Seghers en version bilingue, nous entraîne de l’autre côté de la Méditerranée, dans la région de Lattaquié en Syrie, là où s’est forgé son destin de femme. Les poèmes que rassemble Je te menace d’une colombe blanche ont la fraîcheur des matins d’avril, l’ingénuité frémissante de la sensualité, la transparence heureuse des amours juvéniles. Mais une ombre les menace : celle des premières blessures, de la trahison, de la séparation (un premier mari a kidnappé l’enfant qu’elle avait mis au monde), de l’exil qui tient, aujourd’hui encore, Maram loin de sa terre natale.
La poésie de Maram al-Masri, dont Adonis ou Salah Stétié ont salué la beauté, puise sa force dans la simplicité et le dépouillement qu’elle instaure : tout est dit en peu de mots parce qu’il s’agit d’aller à l’essentiel. Ainsi que l’écrit Lionel Ray dans la préface de Cerise rouge sur un carrelage blanc : " Rien d’ostentatoire, peu d’images, mais le tracé net et le délié de l’émoi, la gravité d’une caresse, la légèreté d’une source. "

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.