Je suis une grande artiste de Cécile Mainardi

Je suis une grande artiste de Cécile Mainardi

Ce livre relève le débat amoureux. Il embrasse littéralement le lecteur par amour de la langue et des langues, de la multiplicité des accents ou au contraire de leur absolue neutralité, de la sonorité improvisée des mots qu’il en ressort. L’auteur articule également un rêve, bouche posée sur le doublage filmé-monté de la potion fictionnelle. Pour finir, poussant jusqu’à l’absurde l’idée d’une "disparition élocutoire du poète", et suivant son programme de surprise croissante, Cécile Mainardi nous offre gracieusement un Supplément chantilly à disposer en nappage aéré avec le recul (zoom-arrière) d’une grande actriste réaliste. Vous allez adorer !!!

Extrait :

allez reprends une gorgée
de philtre express avec moi (dis-moi
enfin ton vrai nom de prononciation/et
appelle-moi par mon nom de réaction
le plus/vif et retourné/qu’on ne se rate
plus de part et d’autre de l’écran de baie
vitrée analogique/où luit la
dénomination du ciel/qu’on s’endorme
/s’informe
en un seul corps
- spooned -
à l’intérieur du caisson bio-entoptique

Paru le 1er janvier 2007

Éditeur : Cuisines de l’Immédiat/ Editions de l’attente

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Jean-Louis Rambour

33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse)

Il arrive fréquemment que les hommes aient peur des chevaux. Certains jouent les indifférents, d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Pégase, le cheval divin, avait des ailes d’ange à faire peur. Incitatus avait une écurie de marbre, une mangeoire en ivoire, à faire peur. Sur la tombe de son cheval, Alexandre fonda la ville de Bucéphalie et provoqua peur et questionnement. Mais là, là, dans ce champ jaune, il s’agit de retourner les terres les plus empierrées, car tout le monde ne possède pas encore son Massey Ferguson. Auquel on ne prête ni ailes ni ombres.

Jean-Louis Rambour, 33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse), Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2020.