Je meurs comme un pays de Dimítris Dimitriádis

texte original en grec traduit par Michel Volkovitch

Qui n’a pas vu des gens mourir sur les routes martelés par une main invisible ne peut comprendre ce que représente, ce qu’est la mort d’un pays, pas plus que celui qui n’a pas senti son propre corps inexistant, inemployé, injustifié, insignifiant, indésirable, inassouvi, sa fameuse force motrice interrompue, rompue, coupée du feu intestin de l’émotion.

"S’il y a un héros dans ce livre apparemment sans personnage, c’est sans doute le langage, les mots, dont on exalte ici le pouvoir, capables qu’ils sont de "brûler la langue à jamais". Et plus précisément la langue grecque, dont on voit défiler, comme dans un fleuve en crue, des débris arrachés à toute son histoire, à tous ses registres - sans que l’on sache s’il s’agit là, comme l’annonce le texte, d’un ultime feu d’artifice avant sa disparition, ou au contraire, d’une démonstration de richesse et de vie renouvelées."
M. Volkovitch

Paru le 1er octobre 2005

Éditeur : Les solitaires intempestifs

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.