Ivresse de brumes, griserie de nuages - anthologie

Cette anthologie de poésie bouddhique coréenne réunit pour la première fois des poésies singulières, étonnantes par leur teneur, par leur forme, par leur ton. Oeuvres de bonzes retirés dans des monastères ou des ermitages de montagne, elles sont le fait de moines-poètes d’une vive sensibilité littéraire, qui se démarquent à la fois de la littérature profane et des écrits didactiques du bouddhisme. Ces êtres détachés de tout sauf des joies de la nature ou de bonheurs infimes du quotidien - nuées jouant sur les cimes, coupe de thé fumant, - sont au-delà  : au-delà des contingences, au-delà des attachements, au-delà des conventions ; ils ne prennent le pinceau que pour traduire en formes brèves et denses leur seul lien, ténu, avec le monde : le brut et le beau, si chers au "zen". Autant de révélations.

Traduit du chinois et sino-coréen, présenté et annoté par Ok-Song Ann-Baron, avec la collaboration de Jean-François Baron.

Paru le 18 juin 2006

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.