Innokenti Annenski

Innokenti Fiodorovitch Annenski naît le 1er septembre 1855 à Omsk en Russie.

Innokenti perd ses parents très jeune et est donc élevé par la famille de son grand frère Nikolaï Annenski, célèbre économiste et journaliste vivant à Saint-Pétersbourg. En 1879, il finit ses études de philologie à l’Université de Saint-Pétersbourg et débute une carrière d’enseignant de langues anciennes et de littérature comparée au Lycée impérial de Tsarskoïe Selo. Il en devient le directeur en 1886. À cette période, il a notamment comme élève la jeune Anna Akmatova qui dira de lui qu’il fut « son seule véritable maître ». Nikolaï Goumilev le qualifiera quant à lui de « dernier cygne de Tsarskoïe Selo ».

Tout comme Vassili Joukovski avant lui, Innokenti est un peu réticent à publier ses propres poèmes. Il commence ainsi, dès 1890, par la publication de nombreuses traductions de textes grecs, d’Euripide notamment, et de poètes symbolistes français. Au début du XXe siècle, il rédige et publie plusieurs tragédies suivant le modèle antique grec. Paraissent ainsi Melanippa-filosof en 1901, Tsar Iksion en 1903 et Laodamia en 1906. Certains de ses écrits sont dédiés à d’autres auteurs et chercheurs tels que Tadeusz Zieliński qui rédigera notamment sa nécrologie.

Également critique littéraire, Innokenti publie The Book of Reflection, essai en deux volumes consacré aux œuvres de Nikolas Gogol, Mikhaïl Lermontov, Ivan Gontcharov et Fiodor Dostoïevski. La dimension artistique et poétique de ses essais fut souvent saluée par ses pairs, ce qui le rendit apprécié par bon nombre de poètes de son époque.

Innokenti publie son premier recueil de poèmes intitulé Chants à voix basse en 1904 sous le pseudonyme Nikto. Il ne rencontre qu’un relatif succès.

Proche de nombreux auteurs et poètes tels que Nikolaï Goumilev, Anna Akmatova, Alexandre Blok, Sergueï Makovski, il devient éditeur de la revue Apollon créée par ce dernier en 1909 et publie dans celle-ci divers essais de poétique. C’est au cours de cette même période et par le biais de publications dans cette même revue que naît le mouvement poétique de l’acméisme, reprochant au symbolisme l’incompréhension de ses rêveries. Ces auteurs aspirent ainsi à retrouver l’unité indivisible de la Terre et de l’homme.

Innokenti meurt d’une crise cardiaque le 30 novembre 1909, à l’âge de 53 ans.

Son second recueil de poésie Le Coffret de cyprès sera publié en 1910 à titre posthume. Celui-ci, reconnu comme étant celui d’Innokenti Anneski, connaîtra un véritable succès.

Bibliographie

Éditions en France

  • Trèfles et autres poèmes, Traduction de par Natacha Strijevskaïa et Jean-Pierre Balpe, Éditions de La Différence, 1997.

Auteurs en relation