Ingeborg Bachman par Françoise Rétif

Ingeborg Bachman par Françoise Rétif

Ingeborg Bachmann (1926-1973) n’a vécu que 47 ans, mais son œuvre, dont une partie importante resta inachevée, constitue l’une des productions de langue allemande les plus remarquables du xxe siècle. Moins connue en France que d’autres écrivains d’origine autrichienne, dont certains qu’elle a connus ou aimés, comme Paul Celan ou Thomas Bernhard, l’univers de cette auteure engagée est déchiré entre une tradition dont elle hérite, marquée par la guerre et le national-socialisme, et le monde tel qu’elle l’esquisse et le rêve dans son œuvre lyrique ou en prose. Elle inventa une pensée sans précédent, mouvante, oscillante, qui a préfiguré bien des évolutions ultérieures et s’est matérialisée dans la déconstruction des genres.
Professeur de littérature allemande et autrichienne à l’université de Rouen, Françoise Rétif est spécialiste d’Ingeborg Bachmann.

Paru le 1er janvier 2010

Éditeur : Belin/ Po&sie

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Juneau

Si j’avais été là
À regarder le glacier
Et à me demander pourquoi il recule
Au lieu d’avancer,
Je serais sûrement allé
Au petit café sur le quai
J’aurais déjeuné de flétan frais.
Je me serais trouvé
Là où je devais être,
Dans ma tête, à pencher en eau profonde.

N. Scott Momaday, « Juneau », apulée, Éditions Zulma, 2021.