Ils ont tué l’albatros d’André Bonmort

Ils ont tué l'albatros d'André Bonmort

XXIe siècle. La dictature du vacarme organisé régit la censure par le trop-plein et orchestre l’adhésion inconditionnelle au Grand Consensus.
Amoindrissement du sens critique et appauvrissement de la sensibilité produisent une langue décharnée, dévitalisée, la langue soumise indispensable à ce système pour prospérer à marche forcée.
Mais embusquée derrière cette parole sans âme, une autre langue persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure.
Une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés, agrandit nos territoires sensoriels, instinctuels, intellectuels. Elle est poésie, au sens le plus authentique, s’étonne d’elle-même, s’obstine au-delà du mot écrit, inscrit sa semence dans les plis de nos circonvolutions.
Car l’écriture créatrice participe du mouvement que sous-tend le processus du vivant.

Paru le 14 mars 2017

Éditeur : Sulliver

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Alejandra Pizarnik

Poema para Emily Dickinson

Del otro lado de la noche
la espera su nombre
su subrepticio anhelo de vivir,
del otro lado de la noche !

Algo llora en el aire,
los sonidos diseñan el alba.

Ella piensa en la eternidad.

Alejandra Pizarnik, « Poema para Emily Dickinson ».