Il y a un fleuve

Auteur : Jeanne Benameur

Il y a un fleuve

Le mot de l’éditeur : Il y a un an, la collection « Embrasures » naissait avec un texte de Jeanne Benameur, Notre nom est une île. Jeanne revenait au poème, longtemps après la parution de son premier recueil. Je suis heureux d’annoncer aujourd’hui la parution d’un nouveau recueil de Jeanne Benameur : Il y a un fleuve. Dans ce long poème aux accents narratifs, Jeanne poursuit sa quête. Un personnage unique traverse le recueil : l’homme. Son existence est une longue marche, un cheminement comparable à la coulée de l’eau. Jeanne Benameur se demande-t-elle si le fleuve de la vie est encore loin de la mer ? Non, pour elle, c’est l’origine qui importe. Dans un voyage à remonter le temps, entre les berges silencieuses « comme deux femmes pensives », les mots enlaçant « les troncs des forêts englouties », elle scrute la mare de boue qui donne naissance au fleuve. Avec justesse, elle laisse la parole nue laver des ombres innommées.

Extrait :

« Il regardera longtemps l’eau
et saura
qu’il faut construire
le bateau
léger comme le souffle
le bateau qui ne cherche aucune route
qui ne porte rien
que lui
et la parole nue »

Paru le 1er septembre 2012

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.