Histoire poèmes

Auteur : Jacques Jouet

Histoire poèmes

"1 – Partisans du chant
Le temps de se retourner, chanter
est à plusieurs tranchants quand on chante
aussi tranchons : ne chantons pas tout seul
et ni même d’une même voix
ne pas trancher dans le déjà mort vaudrait encore mieux
chanter ce chant qu’on chante et qui nous hante
c’est pour être ensemble et nous rassembler plus encore
avec ceux qui veulent, veulent parfois, veules certains
nous-même. Nous sommes appelés pour défendre notre patrie
surtout mentale, patrie de liberté hors frontières
patrie seulement de la connaissance, le reste est risible
même environné de poucettes, de goules et de goulags, je ris !
même désarmé de menaces, de chantages, d’enquêtes dans les coins, je
r i g o l e !
même agressé de murs et de tortures, ha ha ha, je meurs de rire !
personne ne peut savoir combien je me meurs
personne ne peut savoir combien je me marre
combien je me meurs de rire
combien je me marre de mourir
de rire."

Chacun des poèmes évoque un événement historique précis, documenté par un ouvrage, livre, film, document, dont la source est donnée explicitement au rez-de-chaussée du poème.

Paru le 1er novembre 2010

Éditeur : POL

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.