Héroïnes

Auteur : Christophe Fiat

Héroïnes

Suivant le rythme syncopé d’une langue étourdissante, cinq portraits diffractés émiettent leurs sujets pour mettre à nu le corps poétique du système de la mode.

Héroïnes : cinq femmes arrachées à leur statut d’idoles désincarnées ; cinq aventurières en lutte pour la possession de leur propre corps ; cinq provocatrices déterminées à s’inventer d’autres manières de vivre. Courtney Love, Sissi, Wanda de Sacher-Masoch, Isadora Duncan et Madame Mao s’arment de leurs amours et de leurs rêves pour refaire le monde et entrent avec fracas dans l’univers de la politique (Sissi, Madame Mao), de la littérature (Wanda de Sacher-Masoch), du rock (Courtney Love) ou de la danse (Isadora Duncan). Christohe Fiat explore les rouages de la starification en donnant la parole à des icônes contemporaines. Ce travail de compréhension s’opère par un mimétisme débarrassé de toute fascination « objectiviste » : le texte se structure en se calquant sur le système de la mode conçu comme un « système poétique élaboré ». L’écrivain part de lieux communs qu’il met à mal en les enrichissant, l’accumulation d’attributs et de conjonctions de subordination mettant en évidence les mécanismes de la langue. Sous ses apparences de pacotilles, l’écriture de Christophe Fiat démythifie le langage jusqu’à ne laisser que la marque d’une parole indéfiniment réfléchie.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Al Dante

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.