Henry des Abbayes

Petit éloge de la lumière nature

1er février 2017

Petit éloge de la lumière nature

Eloge de l’automne
Mes pieds froissent l’or
Je suis le roi du monde
Je ne m’en vante pas
Mon capital de feuilles mortes
Est la matière vivante
Qui chante et danse
Sans gravité et non pas sans gloire
Je me dandine tel le rehaut
De la divine couleur
Illustrations de Serge Bouvier

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.