Habiter poétiquement le monde

Habiter poétiquement le monde

POESIS réunit dans une anthologie-manifeste plus de cent auteurs qui rappellent la nécessité d’« Habiter poétiquement le monde ». Cette expression, empruntée à un célèbre vers du poète allemand Hölderlin, n’a jamais cessé depuis deux cents ans d’être citée ou commentée par des écrivains, des poètes et des philosophes de tous les pays.
Les textes sont regroupés en cinq périodes : – Le monde romantique avec Schlegel, Hölderlin, Novalis, Keats, Shelley, Wordsworth, Leopardi, Hugo, Lamartine… – Le monde post-romantique avec Emerson, Whitman, Poe, Baudelaire, Rimbaud… – Le monde de la modernité avec Apollinaire, Yeats, Rilke… – Le monde du renouveau avec Breton, Reverdy, Jouve… – Le monde contemporain avec Deguy, Bonnefoy, Jaccottet, White, Cheng, Bobin… mais aussi des personnalités issues d’autres disciplines, tels le sociologue Edgar Morin, l’astrophysicien Hubert Reeves et l’agriculteur-biologiste Pierre Rabhi, sont également représentées.
Les extraits sont choisis dans leur oeuvre, mais aussi dans des documents moins connus, des lettres, des discours, des articles de presse ou des préfaces, révélateurs de leur engagement poétique.
Cette anthologie est le manifeste des éditions Poesis : elle propose une éthique essentielle pour habiter le monde poétiquement, humainement et écologiquement, aujourd’hui plus que jamais.

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : Poesis

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.